Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 26.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 26.

Message  loudé Mallorca le Sam 22 Fév - 20:53

Episode 26

Il est près des trois heures du matin quand Dorian quitte -le dernier- le café sur la place de Grand-Sart.
Il a bu à peu près tout ce qu'il est possible de boire et se trouve dans un état...avancé, dirait-on pudiquement!
Il s'approche en titubant de sa voiture et essaye vainement, durant dix bonnes minutes au moins, d'introduire sa clé dans la serrure de la portière...
N'y parvenant pas, il s'éloigne à pied en direction de sa casse automobile, ce qui, vu son état est un exploit aussi aléatoire... qu' héroïque!
Plus d'une demi-heure, vingt chutes et dix jurons plus tard, quand il pénètre enfin dans son bureau-chalet, c'est pour s'effondrer sur le divan crasseux.
Un spasme de hoquet plus tard, il dort en ronflant juste un peu moins fort que ne le ferait le vrombissement des quatre moteurs d'un vieux Mac Donnel Douglas DC 8... poussés à fond!

NDLA: Je constates, à vos mines perplexes, que vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est un « M. D. Douglas DC 8 ». Je me trompes? Alors, pour ne pas vous laissez mourir idiots... Un M. D. Douglas DC 8 est un avion des années '50, propulsé par des moteurs à hélice! A qui qu'on dit merci, hmmm?

C'est là que Marc le découvre, vendredi matin.
-Alors?, lance-t'il, en le secouant vigoureusement. La nuit a été dure?
-Mmmm?, lui répond Dorian. Qu'est-ce tu veux?
-Il est neuf heures trente! 'Faut que tu t'lèves! Si un client arrivait, hein?
-M'en f...!, répond Dorian. Puis, se redressant un peu:
-J'ai une de ces soifs, moi!, constate-t'il, à haute voix.
Il se lève et se dirige d'un pas hésitant vers un lavabo en partie dissimulé sous une vieille couverture, suspendue au plafond par un fil de fer.
Il l'écarte du mieux qu'il le peut, ouvre le robinet en grand et se passe la tête sous le jet d'eau glacée...
Ensuite, les mains réunies en conque, il boit longuement, à même le jet.
-Ah, cela va mieux!, fait-il, en s'ébrouant comme un chien.
-Qu'est-ce t'as fait, hier soir?, l'interroge son frère.
-'Été m'gagner une 'tite prime!, répond-il, laconique.
-Une prime? Raconte!, dit l'autre, curieux.
Mis au courant des derniers évènements de la nuit, Marc a un petit sifflement admiratif.
-Bien joué! Je n'y aurais pas pensé! 'Me d'mande c'qui va t'payer pour cela, ton mec...
-Cela, je vais le savoir tout de suite!, fait Dorian, en décrochant son téléphone.
Lorsqu'il raccroche, son frère devine à sa mine ravie, qu'il n'a pas « travaillé » pour rien!
-Tiens?, fait Marc, en jetant un coup d'oeil par la fenêtre du chalet. D'où tu sors cette Renault?
-L'était dans l'fond, près d'la presse! C'est pas toi qui l'a acceptée?
-Possible! J'en vois tellement que j'm'en souviens plus! 'Faut la r'mettre là-bas?, interroge-t'il.
-Non, non! Elle roule trop bien! On va la garder un peu!
-Comme tu veux!, fait Marc en sortant de la pièce. J'vais continuer à démonter l'Audi!

****

Coraline achève de manœuvrer pour stationner sa Golf le long du trottoir, à une centaine de mètres de l'entrée du restaurant, puisque celui-ci se situe en plein dans la zone piétonne.
Elle n'a guère dépassé le cent à l'heure pour parcourir la distance entre Formentor et El Arenal, tant elle conduisait absorbée dans ses réflexions.
Ma pauvre maman! Qui a bien pu lui faire cela et pourquoi?, pense-t'elle, en coupant le contact.
Et justement aujourd'hui! Je dois pourtant faire bonne figure devant les filles, se dit-elle encore.
-On y va, les Miss?, interroge-t'elle, en se tournant vers Magali et Caroline, descendues de voiture en même temps qu'elle.
-Nous t'attendons, maman!, répond Caroline. On a faim!
Cette remarque arrache un sourire à Cora et lui rend sa bonne humeur naturelle.
André, le patron du restaurant « Le Belge », a un grand sourire quand, du coin de l'œil, il aperçoit Coraline qui entre dans sa salle.
Quand elle est à Mallorca, la directrice du Condor prend tous ses repas du soir chez lui.
Avec le temps, elle est devenue plus une amie qu'une cliente.
Bien souvent, il lui arrive «d' oublier » de lui remettre l'addition, ne serait-ce qu'en remerciement des nombreux clients qu'elle lui envoie, tout au long de l'année.
Il sort déjà de derrière son comptoir pour venir la saluer quand il s'arrête net, les yeux ronds:
Ce n'est pas une Coraline qui entre...mais trois!
J'ai déjà trop bu, moi!, pense-t'il, un moment. Puis, en y réfléchissant: Mais non! Je n'ai avalé que du café!
Sa surprise est si bien marquée sur son visage que Coraline éclate de rire, en lui posant deux bises sur les joues, en guise de bonjour.
-Mais non, tu ne rêves pas! Et soit tranquille: Tu ne deviens pas fou non plus!, dit-elle, toujours en riant.
-Ouf!, fait André, soulagé! Tu me rassures! Tu aurais pu me prévenir que vous étiez des triplées dans ta famille, quand même!, sourit-il.
Là, c'est au tour des deux jeunes filles de pouffer de rire.
Coraline reprend, sérieuse.
-Je te présente ma fille: Caroline et...
Avant qu' elle ne puisse finir sa phrase, André a continué, parlant pour elle:
-Et sa soeur... Je m'en doute! Et comment s'appellent ces demoiselles?
-Magali!, fait l'une.
-Caroline! Maman vient de vous le dire!, fait l'autre, en riant
Les trois filles se lancent un regard complice et, tacitement, décide de ne pas le détromper.
Après tout, elles se ressemblent tellement...
Elles s'installent à la table que Cora occupe habituellement et passe commande:
Poissons grillés pour les filles et côtes d'agneau pour Cora, accompagnés, bien entendu, des inévitables olives, piments et autre sauce ailloli.
Avec un petit rosé local pour « faire descendre »... et une limonade pour Caroline qui, vu son âge, n'as pas encore droit au vin.
-J'espère que vous avez réellement faim, dit Cora, en voyant la serveuse poser les assiettes sur la table. André n'est pas jamais regardant sur les portions: Pour lui, chaque client qui entre ici est à jeun depuis au moins deux semaines!
-Enfin, pour toi Caro, je ne suis pas inquiète: Tu as toujours faim!, continue-t'elle, pour la taquiner.
-Même pas vrai!, répond celle-ci, piquée au vif.
Elles attaquent leurs assiettes avec appétit.
Les yeux de Coraline vont de l'une à l'autre fille assises en face d'elle: Mille questions se bousculent dans sa tête...
Comment se fait-il qu'elles se ressemblent tant? Que va penser Pierre de tout cela?
D'où vient-elle? Quel âge peut-elle avoir?...
Caroline et Magali, avec l'insouciance de leur âge, ne se posent pas de questions, elles: Elles dévorent à belles dents leurs poissons grillés, entre-coupant leurs bouchées d'éclat de rire.
Si je ne savais pas que Caroline n'a jamais vu cette jeune fille avant aujourd'hui, je jurerai qu'elles se connaissent depuis toujours!, se dit Cora. Elles rient ensembles, du même rire, et des mêmes histoires... Et sans même avoir à se les raconter! Comme si elles étaient réellement sœurs jumelles!
-Quel âge as-tu, Magali?, interroge Coraline, dont la curiosité a pris le dessus sur la discrétion.
-Quinze ans dans une semaine, Mad... Euh... Coraline, répond-elle.
A suivre

loudé Mallorca

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