Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episodes 31,32,33.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episodes 31,32,33.

Message  loudé Mallorca le Lun 3 Mar - 20:36

Bonjour à toutes et tous.
J'ai été assez occupé ces derniers jours et n'ai pas eu l'occasion de vous donner la suite de votre histoire...
Voici donc, pour compenser ce manque, trois épisodes en suivant de "La vengeance de de Jarvaux d'Arbois".
Bonne soirée et bonne lecture!

Episode 31

-Mais si jamais tu me vois jamais faire une telle chose, le rassure-je en riant, appelle tout de suite l'asile psychiatrique le plus proche et fais- y moi entrer illico! Je te le demande solennellement, comme un service, au nom de notre amitié!
-Promis!, fait-il, en riant à son tour. Elle t'intéresse sérieusement?
-Tellement que tu peux retirer l'affiche « A vendre » qui est posée dessus. Elle vient de trouver un nouvel acquéreur!
Je regarde ma montre: dix-sept heures quarante.
-Une seconde!, fais-je à Cédric et je pars au pas de course vers la rue, sous son regard surpris.
L'accessoiriste automobile qui fut si longtemps mon voisin, chez qui j'étais venu chercher une portière il y a un siècle ou deux, me semble-t'il, tant les événements se sont bousculés autour de moi ces derniers mois, est encore ouvert.
J'y fais l'acquisition de phares à longue-portée chromés et de deux anti-brouillards.
-Tiens, fais-je à Cédric. Tu me les monteras dessus: Elle sera parfaite!
-Je peux savoir, fait Cédric curieux, pourquoi tu tiens tellement à acheter cette voiture et pas une autre?
-Tu ne le croiras jamais!, fais-je, en examinant encore une fois ma nouvelle acquisition. C'est l'exacte réplique de celle de Coraline, là-bas, aux Baléares. Cela lui fera un beau cadeau de Noël, non?
-Je le crois aussi!, m'assure-t'il. Tu la prends quand?
-Je te la paie ce soir même via un transfert bancaire téléphonique. Je peux la prendre demain? Si tu veux bien passer me chercher à la maison avant de venir ici?
Le lendemain matin j'ai à peine le temps d' effectuer mes rites matinaux (Café, piscine, habillage,
pour celles et ceux qui l'ont déjà oublié!) que Cédric, au volant de sa Toyota, klaxonne déjà devant ma porte.
Nous nous rendons immédiatement à l'atelier... Il est pile neuf heures!
-Tu veux vraiment repartir avec la Golf aujourd'hui?, me demande Cédric, alors que je descend de sa voiture.
-Bien sûr, oui! Pourquoi? Il y a un problème?
-Non, non! Simplement, je n'aurai jamais le temps de monter tes phares aujourd'hui! J'ai de la comptabilité en retard...
-Tu me prêtes ton outillage?, demande-je, un sourire aux lèvres.
-Heu???..., fait-il semblant d'hésiter. Tu sais: Ce matériel est réservé aux professionnels... Tu seras capable de t'en servir, tu crois?, s'esclaffe-t'il.
-Salaud!, fais-je, faussement fâché, en lui lançant une bourrade amicale dans le dos.
Tout en parlant, nous sommes parvenus dans son bureau. Il va dans une armoire métallique y prendre les clés de contact de mon nouveau jouet et me les tends.
-Amuses-toi bien!
Moins de cinq minutes plus tard, je suis penché sur le capot ouvert de la GTI, heureux comme un gosse, rien que de retrouver mon ancien et véritable métier!
A onze heures vingt, mes phares montés, j'en referme le capot.
Pile au moment où le commandant des pompiers fait son entrée dans le garage, Cédric sur les talons.
Nous nous saluons et il attaque immédiatement.
-Vous pouvez la descendre de là?, demande-t'il à Cédric avec un geste qui englobe à la fois ma défunte Mercédès et la dépanneuse.
-Pas de problème!, répond Cédric. Il prend deux larges sangles en épais caoutchouc noir dans un coffre et me demande de l'aider à les passer sous l'épave.
Ensuite, il en fixe les extrémités au « bras » hydraulique qui équipe toute bonne dépanneuse moderne et met le moteur en route.
Le puissant vérin soulève la carcasse de la voiture comme un fétu de paille et vient la déposer quasiment aux pieds du commandant.
Celui-ci, maintenant penché sur ce qu'il reste de l'intérieur, l'examine minutieusement...
-Voilà, Monsieur Delcampe!, dit-il. Le feu a pris exactement ici!, fait-il, en me désignant de son index tendu le siège avant, côté passager. C'est de siège-là qu'est parti le feu, j'en suis sûr!
Il se repenche sur l'intérieur.
-D'ailleurs, c'est ici que l'odeur d'essence est la plus forte! Sentez-vous-même!, fait-il en se reculant.
Je m'exécute.
-Ce n'est donc pas un accident?, constate-je, pensif.
-A moins que vous ne transportiez un bidon plein d'essence sur votre siège passager, fait-il, cet incendie est tout sauf accidentel! Je suis formel!
Cédric est déjà en train de remonter l'épave sur le plateau. Je l'arrête d'un geste:
-Attends une seconde! Je vais récupérer mes plaques d'immatriculation tant qu'elle est à ma hauteur, dis-je, en désignant l'amas de tôles rouillées autrefois appelé Mercedes, qui balance mollement au bout de ses sangles.

NDLA: En Belgique, en cas de changement de voiture le titulaire doit garder ses plaques ou faire la demande d'une nouvelle immatriculation. C'est lui et non pas la voiture qui est immatriculé.

-A votre place, Monsieur Delcampe, continue le pompier,, j'irais déposer plainte à la police! -Manifestement, quelqu'un vous en veut!, ajoute-t'il, avant de prendre congé.
-Que vas-tu faire, Pierre?, m'interroge mon ami d'enfance, l'air soucieux.
-Honnêtement? Je n'en sais rien!, avoue-je. J'ai rendez-vous avec le détective qui m'a aidé à confondre de Jarvaux ce soir. Je verrai ce qu'il en pense.
Le reste du week-end passe à une vitesse folle.
La visite de Marcel a occupé toute ma soirée de samedi: Il m'a écouté raconter les derniers événements sans m'interrompre et, à la fin, m'a vivement conseillé, lui aussi, de déposer plainte pour l'incendie de ma voiture. J'en profiterai pour faire ma déposition au sujet de l'agression de Dominique.
Dimanche, j'erre toute la matinée dans la maison vide, à essayer de deviner qui peut m'en vouloir à un tel point.
Un nom me vient à l'esprit, mais je l'écarte bien vite: Il est totalement ruiné et doit certainement se cacher quelque part, honteux!
Et puis, même une crapule comme Hubert n'irait pas, me semble-t'il, violer sa future ex-épouse.
Ne serait-ce qu'à cause du risque d'être reconnu!
L'après-midi, je me rend au chevet de Dominique.
A la voir plaisanter et rire avec les infirmières, jamais personne ne pourrait se douter qu'elle a subi un traumatisme aussi violent récemment.
Elle veut s'en sortir et oublier, m'a-t'elle assuré, d'une voix déterminée.
M'est avis qu'elle est sur la bonne voie...
Quand, en fin d'après-midi, j'ai regagné mon domicile, un petit mot scotché sur mon portail a fait ce pour quoi il avait été rédigé: Il a attiré mon attention!
Signé de la main de Nicolas, mon voisin d'en face, il me demandait si je ne voulais pas me joindre à eux pour le repas du soir.
« Un repas tout simple, à la bonne franquette », précisait-il. Uniquement pour ne pas te laisser seul!
Le temps de téléphoner à Cora pour l'informer sur la santé de sa maman et je débarque chez eux.
Il est alors dix-huit heures quarante.
Les jumelles, d'un ton plaintif, m'informent que, décidément, il n'y a rien de bien à la télévision. Qu'elles s'ennuient! Que, au moins, quand Caro est là, elles peuvent venir nager...
-Et si on y allait tous?, propose-je, alors.
-Tous où?, demande Nicole qui, entrant dans la salle de séjour, n'as pas entendu le début de la conversation.

A suivre

Episode 32

-Nager chez Pierre!, répondent les jumelles, en chœur.
-Tu es d'accord, Pierre?, fait-elle.
-Bien sûr que oui! Puisque je le propose. Mais ton repas?
- « Bonne franquette », chez nous, cela veut dire « sandwiches divers », m'apprend-elle.
-Ben alors, fais-je. Qu'est-ce qu'on attends? Allons pique-niquer chez moi, au bord de l'eau.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les sandwiches sont embarqués dans un grand panier d'osier et nous nous retrouvons un quart plus tard dans mon salon-piscine où nous passons une soirée plus qu'agréable, après avoir, tout un chacun et sans aucune fausse pudeur, revêtus nos tenues de naissance, bien entendu!
Lundi et mardi, rien de spécial à mentionner.
Hormis mes visites à Dominique qui est sidérante de par les progrès qu'elle accomplit!
« ADP Industries » tourne au ralenti et je me demande franchement pourquoi je viens encore au bureau... Déjà qu'en temps normal, je n'ai pas grand chose à y faire...
J'aurai pu tout aussi bien accompagner les filles à Majorque directement!, pense-je. Rien ne serait arriver... Peut-être!
J'ai suivi le conseil de Marcel et du commandant des pompiers: Lundi après-midi, j'ai déposé une plainte en bonne et due forme pour l'incendie de ma voiture.
-De cette manière, m'assure Guy, le commissaire, si on met les mains sur les auteurs, nous avons déjà un chef d'accusation.
Si on met la main sur les auteurs... Evidemment!
Mercredi matin, pour faire suite à la discussion que nous avions eue, Mario est venu me présenter, dessins à l'appui, ses projets pour le chalet et le parc qui l'entoure.
Ce sera grandiose!
C'est qu'il a vu les choses en grand, le Mario: Un plage de sable pour la baignade, une jetée pour y amarrer quelques barques et un espace pour les fervents de la pêche.
Rien que pour ces derniers, il envisage carrément la construction d'une digue pour séparer l'étang en deux parties bien distingues.
-Et cela ne va pas coûter trop cher!, insiste-t'il, en souriant. La plupart des aménagements seront faits par des bénévoles. Rien que des membres du personnel.
Je l' assure de mon total soutien et lui rappelle que s'il a besoin d'argent, je suis là.
-Je met un point d'honneur à ce que cela vous coûte le moins possible, Monsieur Le Président!, fait-il, avec fierté. Et puis, le chalet est resté en excellent état...
-A part un bon nettoyage, il n'y a rien à y faire point de vue réparation!, achève-t'il, heureux comme un enfant à qui j'aurai rendu son jouet préféré.
Je le remercie de sa précieuse collaboration au projet et le quitte sur une cordiale poignée de main: Il est l'heure d' aller chercher Dominique!
Elle quitte l'hôpital aujourd'hui et doit être impatiente de me voir arriver.
Vers les quatorze heures vingt, après le passage du docteur Dawir qui nous a servi les recommandations d'usage, nous quittons la maison de soins pour rentrer chez nous.
Enfin, je devrai plutôt dire: Chez moi car sa demeure étant toujours placée sous scellés; elle ne peut y entrer. De toute façons, elle est inhabitable, au vu du désordre qui y règne...
De plus, il est hors question que j'y laisse Dominique seule!
Nous descendons au niveau des parkings via la cabine d'ascenseur et nous nous dirigeons vers ma voiture. J'ai pris la Renault puisque la Mercedes a, comme qui dirait, une incapacité technique à circuler.
Un instant, j'ai bien pensé à utiliser la Golf qui dort depuis samedi dans mon garage, mais j'ai eu peur que Dominique, involontairement, ne dévoile mon cadeau de Noël à Cora, quand nous la retrouverons demain.
-Tiens?, constate-t'elle. Tu es venu avec celle-là? Je croyais que tu ne voulais pas la sortir l' hiver!?
Je ne sais quoi lui répondre...
A-t'elle remarqué quelque chose dans mon attitude?
Elle reprend, aussi vite:
-Il n'est rien arriver à ta voiture, quand même?
Avec ménagement -elle reste encore fragile, malgré sa détermination farouche-, je la met au courant de l'état de la Mercédès, en omettant toutefois de lui préciser qu'il s'agit d'un incendie volontaire.
-Mon pauvre Pierre!, compatit-elle. Toi qui aimais tant cette voiture...
-Bah! Je suis quitte pour en racheter une autre! Mieux vaut cela qu'une jambe cassée, fais-je, me voulant désinvolte.
Quand nous passons devant sa maison pour rejoindre la mienne, au fond de l'allée, Dominique a un léger frisson...qu'elle a vite fait de réprimer, sans dire un mot.
'M'est avis qu'il lui faudra encore un long moment avant qu'elle n'ose y retourner seule: Au moins le temps nécessaire pour que les mauvais souvenirs s'effacent...
Profitant de ce qu'elle est montée se reposer dans une des chambres d'ami, je téléphone à l'hôtel Condor, histoire de confirmer notre arrivée du lendemain.
C'est une Cora de fort bonne humeur qui décroche au bout de trois sonneries.
Elle m'assure qu'elle sera à la sortie de l'aérogare pour nous accueillir, à notre arrivée.
Elle doit parler avec quelqu'un d'autre en même temps car je l'entend demander à un mystérieux interlocuteur: « Et qu'est-ce qu'il a dit Pedro? », avant d'éclater de rire.
-Hum, fais-je. Il ne fait pas triste dans ton bureau, me semble-t'il.
Rêve-je ou perçois-je réellement une hésitation dans sa voix quand elle me répond:
-Non, non! Je... Il n'y a rien de spécial!, finit-elle par dire.
-Non, non, vraiment rien!, singe une voix en écho.
Je jurerai que c'est Caroline qui vient de s'exprimer ainsi!
-Vous êtes sûres que tout va bien?, m'inquiète-je. Vous m'avez l'air bien euphoriques, toutes les deux...
-Tout va bien!, me dit Cora. Très bien, même!, avec un petit rire de gorge. J'ai hâte que tu sois là, demain. Je dois absolument vous mo... Et puis non! Ce serait trop long à t'expliquer par téléphone!
Avant de raccrocher, elle me demande soudain, à brûle-pourpoint:
-Tu aimes notre fille, mon chéri?
Les bras m'en tombent de surprise.
-Quelle question! Bien sûr que je l'aime notre Caro! Tu en doutes? J'ai fait quelque chose qui te laisse croire que....
-Non, non! Oublie cette question stupide!, me fait-elle très vite.
-Tu imagines?, reprend-elle. Si nous en avions deux comme elle...
-Ce serait superbe, bien sûr!, dis-je, sincère. Nous pourrons envisager cette hypothèse dès demain soir si tu veux?
-Nous l'envisagerons sérieusement, me fait-elle, ne t'inquiète pas! Et peut-être même plus tôt que demain soir..., termine-t'elle, sérieuse, tout-à-coup.
Nous nous quittons sur un « A demain » plein de promesses...
Dominique et moi soupons en tête-à-tête autour d'une pizza que j'ai fait livrer toute chaude, prête à être mangée.
Remerciements sincères au mec qui a inventé ce service de livraisons à domicile; c'est loin d'être un imbécile!
Je pourrais vous dire que la journée du lendemain jeudi, jour de notre départ, s'est passée sans autres événements marquants comme celles qui viennent de s'écouler...mais ce serait vous mentir!
Et comme je dis toujours la vérité...
Donc, ce jeudi, je me lève tout-à-fait normalement, vers les six heures, comme d'hab'.
Je suis de bonne humeur et, toujours comme d'hab', je vais prendre mon café du matin.
Pas un bruit ne filtre dans la maison.
Dominique dort encore, sans doute!, me dis-je.
Nous avons tout le temps devant nous: L'avion ne décolle qu'à douze heures trente.
Comme nous n'emportons aucun bagage -Autant acheter sur place, au fur et à mesure de nos besoins puisque, de toute manière, nous sommes appelés à nous rendre régulièrement à Majorque-, nous n'avons aucune raison de nous pointer à l'aéroport deux heures, voire deux heures et demie à l'avance.

A suivre


Episode 33

En conséquence, je ne vois pas pourquoi je changerais mes habitudes: Je vais faire mes longueurs!
Je les effectue toutes les cinq, relax, à mouvements lents et coulés, puis je sors de la piscine.
Jusque là, cela va? Vous me suivez?
Pour en sortir, au lieu d'utiliser l'échelle comme tout un chacun, je prends appui sur la margelle et d' un rétablissement souple, je me hisse sur le bord...
-Waouw; quel style!, fait une voix, en provenance de mon salon.
Je sursaute, en levant la tête dans cette direction: Dominique est assise dans un des canapés et me regarde en souriant!
Et alors?, me direz-vous.
Et alors?, vous rétorquerai-je: Souvenez-vous de ce que je vous ai dit à propos de mes habitudes matinales...
Cela va? Vous commencez à saisir la situation?
J'ai beau être un naturiste plus que convaincu: A poil devant belle-maman, tout de même...
J'ai la réaction que tout homme normalement constitué a en pareil cas: Je croise les mains devant un endroit précis de mon anatomie!

NDLA: Qui a osé, parmi les lectrices, demander: « Où, exactement? ». 'Fallait suivre les cours d'anatomie à l'école, Mesdames! Si vous ne le savez pas, je ne peux décemment pas vous l'expliquer ici! Vous êtes en manque de cul...(ture, bien sûr!)? Vous pouvez toujours tenter de me joindre par mail: Cours particuliers le mercredi soir de vingt à vingt-deux heures!

-Dominique? Il y a longtemps que tu es là?, anonne-je, tout bête.
-Trois longueurs environ!, m'apprend-elle, pas gênée par son indiscrétion.
Autant dire qu'elle a eu tout le temps de se rincer l'œil, pense-je.
Que faire dans ces cas-là? Prier pour qu'elle se rappelle qu'elle a un truc urgent à faire à la cave, par exemple... Ou agir comme si de rien n'était... Comme si la situation était parfaitement normale...
D'autant qu'elle n'a pas franchement l'air de vouloir quitter son poste d'observation...
-Cela ne me gêne pas, tu sais Pierre, me fait-elle alors. Quand je vivais ici, je faisais la même chose que toi!
-Sauf que moi, ajoute-t'elle, perfide, je fermais la porte!
-'Pouvais pas deviner que tu étais déjà levée, non plus!, dis-je, sans oser faire un mouvement.
-Tu comptes rester comme cela, les mains en croix, jusque quand?, me fait-elle encore, en souriant, visiblement très amusée par la situation.
-Je... J'espérais que tu sortes de la pièce, le temps que je puisse au moins me rendre dans la cuisine pour y prendre une serviette...
Elle a une réponse qui me sidère!
-Pierre, me dit-elle, très sérieusement, les derniers hommes nus que j'aie vus étaient des bêtes nuisibles... Des rats...
-Je... Je voudrai pouvoir contempler un homme normal... Pas un sauvage, pas une bête... Un homme bon et doux...comme toi!, continue-t'elle. Rien que pour me souvenir qu'ils existent encore... Cela ne t'ennuie pas?
Elle est pathétique!
Pauvre femme!, me dis-je. Comme elle a souffert de cette agression!
-Tu viens prendre un café?, lui demande-je simplement, en me dirigeant tout naturellement vers la cuisine.
-Merci, Pierre!, me fait-elle, en me rejoignant.
C'est bien la première fois que l'on me remercie d'avoir la bonne (ou la mauvaise, c'est selon) habitude de vivre nu!
A onze heures cinquante, nous montons dans la navette du parking sécurisé où j'ai conduit la Renault pour la durée de notre séjour.
A douze heures pile, elle nous débarque devant les portes vitrées de l'aérogare.
A l'heure prévue, les 20000 chevaux des deux réacteurs d' un Airbus A 320 de 66 tonnes, plein à craquer, malgré la saison hivernale nous arrachent du sol mouillé de Belgique.
Vol tranquille...
Comme lors de mon premier voyage à Palma, je me suis endormi sitôt avalée la collation servie à bord.
-Mesdames et Messieurs, nous entamons notre descente...etc, etc. La température au sol est de 15° degrés et le ciel est légèrement nuageux...
Quinze degrés? C'est déjà pas mal, pour une veille de Noël!, pense-je. Toujours mieux qu'en Belgique, en tout cas!
Nous laissons la foule bruyante des vacanciers quitter l'avion avant nous: Nous ne sommes pas pressés!
Dominique a l'air soucieuse et je m'en inquiète.
-Quelque chose qui ne va pas?
-La dernière fois où j'ai mis les pieds sur cette île, me dit-elle, c'était pour y abandonner ma fille... Aujourd'hui, j'y viens pour la retrouver: Cela me fait un drôle d'effet.
-Laisse le passé où il est!, lui murmure-je, doucement. L'avenir nous tend les bras...
Nous sommes parvenus sur l'esplanade, à l'extérieur des bâtiments.
Je n'ai pas eu le temps de la voir arriver que déjà Cora est dans mes bras, ses lèvres cherchant les miennes comme un naufragé à la recherche d'une bouée...
Je ne me fais pas prier pour lui rendre son baiser avec fougue, tout en la serrant contre moi.
Et si les gens autour de nous nous observent avec étonnement, tant pis: Nous ne pouvons jamais rester longtemps séparés Cora et moi; nous l'avons été plus que notre cota!
Chacune de nos retrouvailles, dès lors, se traduisent par le même élan d'amour, la même passion!
Lorsque nous nous lâchons, au bout d'une ou deux minutes, Dominique nous regardent, en souriant.
-Bonjour quand même, Cora!, lance-t'elle, amusée par nos effusions.
-Maman!, fait celle-ci en la prenant dans les bras et en lui collant deux bises sonores sur les joues.
-Vous êtes beaux, mes enfants!, fait encore Dominique. Comment la force de votre amour a-t'elle pu m'échapper durant toute une si longue période de ma vie...
-Dominique?, dis-je, doucement. Souviens-toi: L'avenir... Nous ne parlerons plus jamais du passé, désormais. D'accord?
-Où est Caroline?, m'inquiète-je, changeant volontairement de sujet de but en blanc.
-J'ai préféré la laisser à l'hôtel, avec Maria-Luisa, me répond Cora. Ma golf est un peu petite pour y caser cin... heu: Quatre personnes. Enfin, je trouve...
Tout en discutant, nous nous dirigeons vers le parking où Cora a laissé sa voiture...
Au moment où elle actionne la télécommande de déverrouillage des portières, je tend la main droite:
-Cora? Tes clés, s'il-te-plait!, dis-je d'une voix douce, mais d'un ton sans réplique.
Elle me les tend avec une moue boudeuse.
A la question muette que je lis dans le regard de Dominique, je répond simplement:
-Elle m'a conduit une fois... Crois-moi: Si tu la voyais à l'œuvre, tu me remercierais!
-Petite nature, va!, maugrée Coraline, en se dirigeant de mauvaise grâce vers le côté passager de sa voiture. Ta fille, au moins, apprécie ma façon de conduire, elle!
-La pomme n'est pas tombée loin de l'arbre!, rétorque-je, à mi-voix.
Il ne me faut guère plus de vingt minutes, -malgré mon train de sénateur, dixit Cora- pour parvenir à l'hôtel Condor.
-Il était temps!, fait Cora, boudeuse. J'ai bien failli m'endormir!
-Ben tiens!, répond-je, goguenard. J'ai mis à peine cinq minutes de plus que toi! Et en sécurité au moins!
-Gna,gna,gna!, me répond-elle, dans une flagrante mauvaise foi.

A suivre

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