Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 41 & 42.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 41 & 42.

Message  loudé Mallorca le Jeu 13 Mar - 20:36

Episode 41

-Donc, en sortant de son immeuble la semaine dernière, reprend-il, sans s'émouvoir de mon interruption, devine sur qui elle tombe? Mademoiselle Champlain! Pâle, amaigrie, sale. Elle en a eu pitié et la fait monter pour boire un café...
Comme par un fait exprès, le téléphone a sonné juste à ce moment: un appel pour son ex-voisine!
Une certaine Maria, qui s'exprimait avec un accent espagnol...
Elle ne sait pas ce qu'elle se sont dits, mais son ex-voisine semblait furieuse en raccrochant. Elle a murmuré un « Pauvre petite » et est partie, sans ajouter un mot... Sans même toucher à son café!
L'indicateur du niveau de charge de mon « G » frôle dangereusement le zéro...absolu!
-En cherchant un peu, j'ai retrouvé la « maman » de ta petite protégée: Contre une bouteille de rouge, elle a bien voulu me parler de son histoire....
Ecoute cela! Cela vaut son poids en cacahuètes!
J'ai l'oreille qui me fait mal tellement mon « G » y est collé fort.
-Vers la fin des années '70, voire au début des années '80, Madame X, dirons-nous, la grand-mère alors toute jeunette, de Magali, rencontre un gars, beau parleur, qui a tôt fait de la mettre dans son lit. Quand Madame X se découvre enceinte, elle demande à son amant de régulariser la situation...
Il promet, promet, promet encore, mais devant l'insistance de sa jeune maîtresse, un beau matin, il prend la poudre d'escampette...
Cela, je l'ai appris par une lointaine cousine de Madame X qui m'a été renseignée par...
-Marcel!
-Oui, oui! Bon! Je continue!, fait-il. Malgré tout, il ne se comporte pas en salaud. Il assume et verse une solide rente alimentaire à notre Madame X. Et il paie avec la régularité d'un métronome: La mère et la fille ne manquent de rien! Chloé grandit... Quand elle atteint ses seize ans, l'histoire se renouvelle: Elle aussi rencontre un beau parleur qui... Enfin, tu vois ce qui se passe!
L'ennui, c'est que le gars dont Chloé s'est entichée n'est pas un gentleman. Sitôt l'annonce de la grossesse, il s'est barré et personne ne sait ce qu'il est devenu.
Qu' à cela ne tienne! L'ex-amant de Madame X l'assure qu'il ne la laissera pas tomber et augmente la rente, pourtant déjà confortable, de son ex-maîtresse. En échange, il veut être tenu informé de la vie de ce bébé -une fille également- prénommée Magali. « Il a déjà de grands projets pour elle », dit-il, énigmatique. Peu après, Madame X et Chloé se tuent dans un accident de voiture...
Bip, bip!, fait mon « G », de temps à autre: Il a vraiment « faim »!
-Comment l'ex-amant de Madame X a-t'il eu vent de l'accident? Mystère! Il devait très certainement les observer, de loin, continue Marcel. Quels projets nourrit-il pour Magali, sa petite-fille? Re-mystère!
Toujours est-il que dès que cela a été possible, il a dépêché une jeune immigrée clandestine venue dont je sais où – qu'il a lui-même baptisée « Mademoiselle Champlain » pour ne pas la nommer- afin de remplacer la maman naturelle de ta Magali.
-Elle a, me dit-elle, passé quatorze ans de sa vie à faire de son mieux pour tenir le rôle qu'il lui faisait jouer contre argent sonnant et trébuchant!
-Il ne doit pas être si mauvais que cela, dans le fond, ce type..., pense-je, au fur à mesure du récit.
-Il doit certainement être haut placé et relativement riche car la demoiselle n'a jamais été inquiétée:
Pour tout le monde dans le quartier, elle n'était qu'une mère célibataire comme tant d'autres avec la différence que ni mère, ni fille ne manquaient de quoi que ce soit, bien que personne n'ait souvenir d'avoir jamais vu la miss Champlain travailler beaucoup! Tout au plus vendait-elle des bijoux de fantaisie sur les marchés du coin...
-Mais alors!?, fais-je, pensif. Comment Magali s'est -elle retrouvée à Villa Luna?
-J'y arrive, j'y arrive!, fait Marcel. Tu permets?
-Ma batterie! Marcel! Pense à ma batterie!
-Magali, qui paraît-il est très jolie, a elle aussi, comme sa mère et sa grand-mère, rencontré un sale gamin qui la engrossée sans qu'elle ne sache vraiment ce qui lui arrivait. Elle était encore très naïve sur ces choses là, paraît-il. Quand son mystérieux grand-père l'a appris, il a déboulé à l'appartement comme un fou. Il les a chassées du logement et a embarqué Magali dans une voiture noire. Ensuite, il a exigé les clefs de l'appartement et a annoncé à la « maman » de Magali son renvoi immédiat!
Elle n'a même pas pu récupérer ses affaires personnelles et n'a plus eu de nouvelles de la jeune fille jusqu'à la semaine dernière, quand un mystérieux coup de téléphone, reçu tout-à-fait par hasard quand elle se trouvait chez son ex-voisine, l'a informé que la petite n'allait pas bien...
-A ce moment de son récit, reprend Marcel, elle est devenue comme folle.
Elle s'est mise à crier:
-Et moi? Moi? J'ai l'air d'aller bien, peut-être? Regardez-moi: J'ai tout perdu et je vais bientôt mourir parce-que cette petite gourde ne m'a pas écoutée! Elle s'est faite engrossée par le premier venu et c'est moi qui paie les pots cassés!
Elle a eu une violente quinte de toux...
Quand elle a recommencé à parler, ses yeux étaient brillants de fièvre et un peu de sang coulait de la commissure de ses lèvres...
-Je suis étrangère, a-t'elle repris, des sanglots plein la voix. Une sans-papiers, comme on dit! Mon employeur m'a toujours utilisée « au noir »! Légalement, je n'existe même pas! Ces derniers mois, j'ai vécu de la prostitution! Regardez ce que cela m'a rapporté... Mon premier client était porteur d'une maladie qui... Sa voix s'est brisée sur un sanglot.
-Pauvre femme!, fais-je, sincèrement bouleversé. Que puis-je faire pour elle? Où est-elle, maintenant?
-Je ne sais pas!, fait Marcel. Elle avait l'air très malade, quand je lui ai parlé. Je doute qu'elle fasse de vieux os! Je lui ai donné un peu d'argent et elle est partie sans se retourner!
-Mais... Le fameux grand-père de Magali, continue-je. Tu as pu le retrouver? Connaître son nom?
-Avec la description précise qu'elle m'en a faite, je le voyais, pour ainsi dire, debout devant moi! Nous le connaissons bien, toi et moi...
-Marcel! Tu comptes me dire qui est ce type aujourd'hui...ou demain?, fais-je, au comble de l'énervement.
-J'avais encore un doute, continue-t'il, ignorant mon interruption. J' ai donc montré à Mademoiselle Champlain les photos de mes anciens dossiers; celles que je garde toujours dans mon i-phone...
-Et?, dis-je un le ton un peu plus haut que nécessaire, en proie à la plus grand nervosité.
-.....!
Plus rien! Cette fois, ma batterie est vraiment morte!
Je bondis sur mes pieds plus vite qu'un agent du fisc ne bondirait sur votre déclaration d'impôts falsifiée (C'est dire si je fais vite!) et me précipite vers le bureau de Cora.
Solide dérapage incontrôlé sur cette s...de marbre noir dans le hall de réception, qui m'envoie m'écraser, sous le regard ébahi de Maria-Luisa, contre le mur, face aux ascenseurs.
Je l'entends me dire: « Encore? C'est une habitude chez toi, Pierre? »
(Voir Coraline & Pierre ou l'amour triomphe toujours)
-Tu finiras bien par te casser quelque chose!, dit-elle encore, tandis que je pénètre déjà dans le bureau.
Je ne sais pas si l'effarement que je lis sur le visage de Cora est provoqué par ma brutale irruption ou par ce que j'entends lui expliquer Caroline :
-...Sur deux roues, maman! Nous roulions sur deux roues!
Avant qu'elles n'aient eu le temps de faire un geste, j'ai déjà composé le numéro d'appel de Marcel depuis le combiné du bureau.
-Heureusement que je le connais par coeur, ce f...numéro!
-Ah! Pierre! Nous avons été coupés?
-Marcel! Si tu ne me dis pas tout de suite la fin de ton histoire, je te jure que je t'étrangle de mes mains la prochaine fois que je te croise!
-Mais...fait-il, toute douceur et innocence, Je te l'ai déjà dis! Tu ne m'as pas écouté?


A suivre
Episode 42

-Marceeeel! Numérote déjà tes abatis! Tu en auras besoin pour remettre toutes tes pièces en place quand j'en aurai fini avec toi!
-Bon, bon! Ne t'emballe pas comme cela: Tu vas nous faire un infar... Sur les photos que je lui ai montrées, cette pauvre fille l'a formellement identifié. Le grand-père de Magali...C'est...
-Quoi?, hurle-je, en en laissant tomber le téléphone en proie à une intense surprise.
Le combiné s'écrase sur son support. Le tout vole en éclats.
-Là, on a vraiment été coupé!, me dis-je, tremblant comme une feuille.
J'attrape une chaise et m'y laisse tomber. Je suis KO debout!
-Pierre! Chéri? Tu te sens bien?
La voix de Cora me parvient de loin, comme déformée...
Les filles ont formés un cercle autour de moi et me contemplent, angoissées.
-Que se passe-t'il?, me fait Cora. Parle! Qu'est-ce qui ne vas pas?
-Les filles, fais-je à l'adresse de Caroline et Magali. Vous voulez bien allez voir comment se porte Dominique, au bar?
-Pourquoi faire?, répondent-elles exactement ensembles, comme nous commençons à avoir l'habitude.
-Je... J'ai un truc important à expliquer à maman!
Elles me regardent, étonnées, mais sortent du bureau.
-Qui y a-t'il, mon coeur?, me dit Cora, inquiète de ce que je vais lui révéler. Cela concerne Magali, n'est-ce pas?
-Oui, mon amour!, réponds-je très doucement. Je sais pourquoi tu as ressenti cet extraordinaire sentiment envers Magali...
Et je lui raconte en détail ce que Marcel vient de m'apprendre...
-Quel salaud!, fulmine-t'elle, à la fin du récit.
-Il a quand même pris soin d'elles jusqu' il y a sept mois environ!, dis-je. Il n'est peut-être pas si mauvais qu'on le croit.
-Pas si mauvais? Il a utilisé son fric, une fois encore! Mais sitôt que la situation lui a échappé, il s'est débarrassé du problème... Exactement comme, quelques années plus tôt, il l'a fait avec moi!
-Va-t'en savoir ce qu'il avait prévu pour Magali, sa propre petite-fille... En faire une put' de luxe, sans doute! Il avait très certainement tout prévu pour récupérer sa mise de fond, crois-moi!
-Et Chloé, ma demi-soeur... Tuée sans même que l'on ne se connaissent! Quel gâchis! Quel pourriture, ce de Jarvaux d'Arbois!, termine-t'elle, rouge de colère.
Elle vient se blottir dans mes bras, des sanglots de rage impuissante dans la gorge.
-Il ne l'emportera pas au paradis!, dis-je, pour la consoler.
-Heureusement; nous, il ne nous a pas eu!, reprend-elle. Je t'aime tellement, mon chéri!
-Et moi donc! Tu es toute ma vie: N'en doute jamais!, fais-je, en cherchant ses lèvres.
A force de se chercher, nos lèvres se trouvent, bien entendu! Ne dit-on pas: « Qui cherche...etc. »
Vous pouvez aisément deviner, -enfin j'ose l'espérer pour vous- ce à quoi nous occupons les cinq minutes suivantes...
Quand nous nous séparons enfin, Cora a un regard étrange. Elle semble plongée dans un abîme de réflexion...
-Qu'allons-nous faire, Pierre?, me demande-t'elle soudain, comme si elle sortait d' un rêve.
-A quel propos?
-Ben... De Magali.
-Oh, elle? C'est très facile!, réplique-je, d'un ton volontairement enjoué. La question ne se pose même pas: D'abord, nous allons lui raconter sa véritable histoire. Ensuite, nous allons l'adopter...Et c'est tout!
-L'adopter? Tu es sérieux?, fait-elle, les yeux ronds.
-Non!, lui dis-je, les sourcils froncés bien bas, je blague! C'est vrai que nous ne pourrons probablement jamais l'adopter...
Le joli visage de Cora sur lequel flottait un léger sourire, se décompose brutalement.
-...tant que nous ne serons pas légalement mariés!, continue-je. Ce qui ne tardera plus, crois-moi!
Le sourire revient instantanément sur le visage de ma tant aimée...
-Tu... Tu es sérieux?, me demande-t'elle.
-Bien sûr que je suis sérieux! Je ne vais pas abandonner ta nièce, quand même!, fais-je encore, bourru, en essayant de prendre un air outré.
-Oh, Pierre... Pierre! Je...
-Bon!, l'interrompt-je. Et si nous allions lui parler? Après tout, c'est d'abord elle qui dois décider!
Nous sortons de son bureau, main dans la main et rejoignons les filles, bien sagement assises à une table du bar: Elles ont retrouvé leur jeu d'échec et ne s'occupent que de lui!
D'un geste de la main, j'invite Dominique, qui -Tiens?! Comme c'est étrange!- n'est pas loin de Pedro, à se joindre à nous.
Trois paires d' yeux interrogateurs se posent sur nous lorsque nous nous asseyons à côté d'elles.
-Nous avons à te parler, Magali, commence Coraline, d'une voix très douce.
-Cela te concerne aussi, Dominique!, fais-je, en échos.
Elle a un regard inquiet en direction de Pedro, mais sourit crânement quand elle répond:
-Je vous écoute!
Magali a le teint cireux, tout-à-coup...
-Magali, commence-je. Tu souviens-tu de ton arrivée à Villa Luna?
-Pas bien!, me répond-elle. J'étais à Lille, chez maman... Un homme, assez petit est entré dans l'appartement; il criait fort! Il m'a tiré de force dans sa voiture et nous sommes partis, sans maman.
Nous avons roulés longtemps et je me suis endormie... Je me suis réveillée nue, dans une chambre que je ne connaissais pas à Villa Luna. C'est tout!
-Tu ne te souviens de rien d'autre?
-Rien! A part, vaguement, d'un soi-disant médecin qui m'a fait une piqûre, dans la voiture...Pour mon bien!, a-t'il dit.
-Il l'a droguée, ce salaud! Comme il a fait avec moi!, fait Cora, indignée et frissonnante de rage.
-Tu ne sais pas qui t'a amenée là, alors?, lui demande-je encore.
-Non! Je ne me rappelles- pas! Un homme je crois, mais je ne suis pas sûre...
-En tout cas, dis-je, en me tournant vers Cora, ce ne peux pas être ton père qui l'a amenée: Maria nous l'aurait dit!
-Pas sûr!, me répond-elle. Elle ne l'a jamais vu; elle ne connaît que Dominique!
-Hélas!, fait celle-ci.
Le teint de Magali, de cireux qu'il était au début de notre conversation est passé au blanc crayeux:
-Vous... Vous me renvoyez là-bas, n'est-ce-pas? C'est cela?, articule-t'elle, en faisant de gros efforts pour dominer les sanglots qui lui montent dans la gorge. Je savais que cela ne pouvait pas durer... Que je... J'étais trop bien avec vous...
Nous n'avons pas encore eu le temps d'articuler un mot pour lui répondre; déjà Caroline est debout à côté d'elle, rouge de colère.
-Jamais!, crie-t'elle. Vous m'entendez: J-A-M-A-I-S! Je veux qu'elle reste avec nous... Je... C'est... C'est ma soeur!
Et elle entoure les épaules de Magali de son bras en un geste tant protecteur que de défit.
Les quelques rares clients du bar ont tous les yeux fixés sur nous: Ils attendent la suite, espérant sans doute assister à un pugilat en direct.
Pas de chance pour eux car je désamorce immédiatement la bombe par un:
-Mais? Non mais, dis donc?!...en prenant du mieux que je peux, histoire de détendre l'atmosphère, la voix du regretté André Bourvil. On peut en placer une, oui?
-Assieds-toi, Caro!, la calme Coraline, d'une voix douce. Il n'est pas question une seule seconde que Magali retourne vivre chez Maria, la rassure-t'elle.
Leurs visages se détendent immédiatement. Elle reprend, toujours d'une voix très douce:
-Nous connaissons toute ton histoire, maintenant, Magali.
-Et nous avons une proposition à te faire!, complète-je, avant de les informer de ce que m'a dit Marcel un peu plus tôt.

A suivre

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