Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 43.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 43.

Message  loudé Mallorca le Ven 14 Mar - 19:28

Episode 43

-C'était donc cela, ses absences prolongées sans explication, constate simplement Dominique. Il allait retrouver « l'autre »... Et moi qui croyais, naïvement, qu'il travaillait... Le fumier!
-Apparemment, il ne l'a plus vue très longtemps après votre mariage... Il a peut-être vraiment voulu changer, à ce moment-là!, dis-je, en me faisant par là l'avocat du diable.
-Changer? Lui?, reprend Dominique, désabusée. Je l'ai cru des années durant... J'ai même pensé qu'il était devenu bon quand il m'a ramené votre fille, à tous les deux... Je suis sûre qu'il ne pensait qu'à la marier à un riche héritier, comme il voulait le faire avec Coraline.
Ce devait être une obsession chez lui, le mariage d'intérêt!, songe-je, en silence.
Elle se tait, pensive, les yeux dans le vague, et reprend, presque aussitôt:
-Je n'ai compris à quel point il était vil et manipulateur que quand je t'ai vue à côté de moi, ce sept octobre que je n'oublierai plus de toute ma vie! Je suis sûre que, s'il a laissé tomber cette pauvre femme, c'est uniquement parce-que son compte en banque était moins gonflé que le mien!
Magali semble perdue, désorientée... C'est assez logique, après ce qu'elle vient d'apprendre!
-Ce n'était pas ma maman?!..., murmure-t'elle, le regard perdu . Je l'ai toujours appelé comme cela: Maman! Et ce n'était qu'une étrangère... Pire: Une... employée de mon grand-père...
-Ne l'appelle pas comme cela!, la coupe Cora, sèchement. Il n' a jamais su être un père... Alors tu penses: Grand-père!
-Je comprend maintenant pourquoi elle était parfois si froide avec moi!, reprend Magali, les yeux dans le vague.
Quand elle nous regarde à nouveau, ses yeux brillent de grosses larmes qu'elle fait de son mieux pour contenir. Pourtant, certaines se mettent à couler toutes seules le long de ses joues pâles.
J'ai le coeur qui se serre à la voir si désemparée... Elle a quinze ans depuis six jours seulement et elle a déjà tellement souffert...
-Je n'ai vraiment plus personne au monde... Je suis toute seule, maintenant!, conclut-elle, tandis que les larmes, si longtemps contenues, roulent à présent sur son si joli visage.
Je quitte ma chaise, contourne la table et viens me placer dans son dos.
Je pose doucement les mains sur ses épaules...
-C'est justement pour cela que j'ai une proposition à te faire, dis-je sur le ton de la confidence, en me penchant vers son oreille.
Elle tourne vers moi son visage inondé et attend ce que je vais lui dire, avec une moue inquiète.
-C'est incroyable, une telle ressemblance! J'ai l'impression de parler à ma propre fille...
-Voilà!, reprend-je. Coraline et moi voudrions, si tu es d'accord, bien sûr...
Je laisses passer un blanc et continue, mes yeux plongés dans les siens:
-Nous voudrions t'adopter officiellement! Tu peux, si tu le veux, devenir vraiment la grande soeur de Caroline... et notre grande fille! Tu veux bien?
Elle reste figée, les yeux agrandis de surprise, muette...
Je lâche ses épaules et recule d'un pas, en me redressant.
-Tu n'es pas obligée de me répondre tout de suite, dis-je encore, me méprenant sur son silence.
La pointe de déception qui pointe dans ma voix semble la réveiller.
J'ai à peine le temps d'ouvrir grand les bras qu'elle y bondit, comme pour s'y réfugier, pleurant et riant à la fois.
-Bien sûr que je veux!, fait-elle. Je ne demande que cela! Vous êtes tellement gentils avec moi... J'en ai rêvé dès le moment où Cora m'a enlevée de Villa Luna...
Cora, Caro et Dominique viennent se serrer contre nous! Nous y allons tous de notre petite larme...même moi!
Et voilà! J'ai deux filles... A partir de tout de suite!
Quelle histoire: Il faudra que je pense à l'écrire un de ces jours...L'ennui, c'est que personne ne me croira jamais...
-Pedro!, appelle-je, en me dégageant. Tournée générale! Et pas de l'eau! Sort ce que tu as de meilleur: Nous fêtons la naissance de notre deuxième bébé!
-Misère!, fais-je ensuite, d'un ton geignard, en posant ma main sur mon front.
-Pauvre de moi! Je dois déjà supporter une « petite »... Voilà que j'en ai deux maintenant! Et avec ma chance, je parie que la seconde aura le même sale foutu caractère que sa mère, en prime...
Caroline commence déjà sa réponse favorite:
-Je ne suis pas petite! J'ai..., avant qu'elle et Magali n'éclatent de rire ensembles.
Coraline entre immédiatement dans mon jeu.
-Sale caractère? Qui a un sale caractère ici?, fait-elle, faussement fâchée, en essayant de retenir le fou-rire qui lui monte.
-Ah, mon vieux Pedro!, fais-je en l'apostrophant tandis qu'il prend les commandes. Ces femmes, mon vieux! Si tu veux avoir la paix, fuis-les! Cours.... Loin et vite! Crois-moi!
Il ne répond pas, mais le long regard énamouré qu'il échange avec Dominique en dit long: Il n'est pas prêt de fuir... Certainement pas devant elle, tout du moins!
Nous nageons en pleine euphorie.
Il règne actuellement dans ce bar d'hôtel une atmosphère d'amour chaude et palpable!
On la sent!
On la respire!
On pourrait y nager, tant on s'en sent enveloppés!
Un peu comme on flotte sans effort dans la mer morte: Il suffit de se laisser porter!
Même les clients présents nous semblent différents, baignés par une sorte d'aura de joie, de bonheur de vivre...
Cora et moi échangeons notre X ème baiser, savourant avec une rare délectation le goût du bonheur... De notre bonheur!
Soudain, dans le profond silence qui s'est installé autour de nous, une voix claire se fait entendre.
-Vous savez quoi? On a faim, Mag... Ma soeur et moi! Pas vrai, Mag?
Toute la tablée éclate de rire. Cette remarque pertinente à l'art de détendre l'atmosphère.
-Sacrée Caro!, fait Pedro. Toujours pragmatique, hein!
-Ben quoi? J'ai faim... J'ai faim, quoi! J'y peux rien!, continue Caroline. Je parie que Magali aussi et qu'elle n'ose rien dire...
-Maintenant que tu m'y fait penser..., fait celle-ci.
Puis, redevenant sérieuse d'un coup:
-Je... Je peux te demander une chose Pierre? Et à toi aussi, Coraline..?, fait-elle, timidement.
-Vas-y!, l'encourage-je. N'ai pas peur: Bien qu'elle soit directrice, Coraline n'a encore jamais mordu personne... Du moins à ma connaissance!
-Malgré son sale caractère!, ajoute-je, hilare, en la défiant d'un regard taquin.
-Je... Je peux vous appeler Papa et maman, comme Caroline?, les yeux pleins d'espoir.
-Venez près de nous, toutes les deux, fait Coraline, émue, en ouvrant les bras.
Elle les prend chacune dans un bras et je m'empresse de refermer les miens sur l'ensemble formé, comme pour retenir cet instant magique...
-Rien ne peut nous faire plus plaisir, ma fille!, dis-je d'une voix que je ne me reconnais pas, tant elle est tendue par l'émotion.
Mes deux filles... Pendant treize longues années, j'ai survécu, solitaire et malheureux, loin de mon amour... J'ai cru le plus beau jour de ma vie arrivé quand le destin ou peu importe qui ou quoi, m'a rendu ma Cora. Et pourtant, ce jour-là n'était rien par rapport à celui où j'ai trouvé ma fille!
Et maintenant, « ON » m'en envoie une deuxième... Le bonheur absolu, en quatre mois seulement!
C'est vrai que la vie nous joue quelques fois des sales tours...
Mais elle nous en réserve bien souvent de bons, en contre-partie, comme pour se faire pardonner!
Si quelqu'un écrit réellement le grand livre de notre vie à l'avance, là-haut, il faudra que je pense à le remercier chaleureusement quand je comparaîtrai devant lui...
Ne serait-ce que pour les si beaux chapitres qu'il a écrit dans notre livre commun, à Cora et moi... A la lettre A...comme Amour!

A suivre

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