Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 46.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 46.

Message  loudé Mallorca le Mar 18 Mar - 20:28

Episode 46

Au plafond, les mille feux jetés par de nombreux lustres de cristal s'entremêlent gracieusement avec l'éclat des pierres précieuses parant cous et poignets des nombreuses élégantes de l'assistance.
Il règne dans la salle un joyeux brouhaha de foule.
Un garçon, vêtu à la manière d'un danseur de flamenco, nous pilote jusqu'à notre table, juste après avoir lancé un coup d'oeil admiratif autant que connaisseur sur « mes trois femmes ».
Le dîner débute assez rapidement et nous savourons la richesse des mets servis tout en admirant les numéros de jongleries, de prestidigitations et d'acrobaties proposés sur la scène, devant l'orchestre, à une vingtaine de mètres de notre table.
Vers vingt-deux heures, un Monsieur Loyal, tout de blanc vêtu, vient annoncer l'ouverture du bal.
Je n'échappe pas à la corvée de faire danser alternativement ma Cora, Magali et Caroline, mais je parviens à éviter la danse avec Yvonne ou Maria-Luisa... sans les vexer!
-J'ai vraiment horreur de cela, leur dis-je en guise d'excuses. Me balancer plus ou moins en rythme et en musique sur une piste de danse, alors que de multiples paires d'yeux me dévisagent: Très peu pour moi!
De temps à autre, l'un ou l'autre jeune individu de sexe masculin s'approche timidement de notre table et sollicite de notre part la permission de nous « emprunter » Magali ou Caroline..., ce qui m'amuse beaucoup!
Si j'avais demandé à Hubert la permission d'une danse avec sa fille, il ne fait aucun doute que nous nous serions jamais connus!, songe-je, rêveur un instant.
Je passe une excellente soirée.
De voir la joie briller dans le regard de mes filles et de leur maman tandis qu'elles se trémoussent comme des malades sur des musiques « sauvages » me met d'excellente humeur: Je suis réellement heureux de les voir s'amuser!
Et puis, le champagne aidant, Ramon, qui a l'air d'aimer danser autant que moi, et moi devenons au fil des heures, copains comme cochons, bien nous ne comprenant pas!
Heureusement que Pedro assure bénévolement la traduction.
Je ne vois même plus le temps passer.
Tiens?! Il me semble bien que c'est la troisième fois que ces mêmes garçons viennent inviter nos filles...
Quand, après une série de jerks endiablés, mes trois femmes, rouges et échevelées, viennent enfin se rasseoir et se désaltérer un peu, je remarque du coin de l'œil Dominique et Pedro qui se lèvent et s'en vont débuter un slow très lent, là-bas, sur la piste de danse...
-Bientôt minuit!, me glisse Cora à l'oreille. Prépares nos grains de raisins!, continue-t'elle, en poussant dans ma direction le plat contenant les grosses grappes bleues, dont chacune des tables est pourvue..
Monsieur Loyal refait une apparition sur scène et annonce, par micro interposé:
- Señoras, Señores... Comenzamos ahora el descuento... (Mesdames et Messieurs... Nous commençons maintenant le décompte... Dix...Neuf...)
Diez... Nuevo... Ocho... Sept... Seis... Cinco... Cuatro... Tres... Dos... Uno...
¡ Feliz Año Nuevo! ¡!! (Bonne année!)
Je devines plus que je ne l'entend, sans y prêter attention, Caroline demander à Magali:
-Qu'est-ce qu'il dit?
Pendant qu'elle lui répond, Cora et moi avalons nos raisins au plus vite, comme le veut la coutume: C'est qu'il s'agit d'en croquer un maximum pendant que résonne les douze coups de minuit!
Chaque grain avalé correspond à une année entière de bonheur!, paraît-il.
Les serpentins, confettis et autres balles de papiers fusent de toutes parts...
Soudain, Magali ouvre des yeux ronds et nous lance, en espagnol, la main tendue vers la piste de danse:
-¡ Mire! ¡ Mire a Pedro y Dominique! (Regardez Pedro et Dominique!)
Cora en avale son raisin de travers!
Elle en devient aussitôt couleur pivoine mais parvient à articuler, entre deux quintes de toux:
-- ¿ hablas español, tú? ¿ Después cuándo?
(Tu parles espagnol, toi? Depuis quand?)
- ¡ siempre hablé esta lengua! Señora Ramirez me guardó muy a menudo, cuando era pequeña: ¡ es a ella qué me tiene appri!
(J'ai toujours parlé cette langue! C'est Madame Ramirez qui m'a appris!)
-Pero mire más bien a Pedro y Dominique!, insiste-t'elle.(Mais regardez Pedro et Dominique...)
Nous tournons nos regards dans la direction qu'elle nous indique avec tant d' insistance...
Pour le coup, Cora en recrache le raisin qu'elle vient de porter à sa bouche: Là, devant nous, exactement au milieu de la piste de danse, sous le traditionnel bouquet de Gui et sous une pluie de confetti les masquant partiellement, Dominique et Pedro, lèvres soudées, s'échangent un long baiser langoureux!

NDLA: Pour celles et ceux qui ne comprennent pas bien mon style: Ils se roulent un patin! Cela va? Vous avez compris? On peut continuer? On y va, alors!

Nous sommes tellement surpris que nous en oublions nous-même le traditionnel baiser...
-Maman!, fait Cora, abasourdie.
Me ressaisissant le premier, j'éclate de rire: Je me doutais bien qu'il y avait « anguille sous roche » entre ces deux-là!
-Et cela te fait rire?, me fait Coraline, ne sachant quelle attitude adopter.
-Beaucoup oui! Tu ne crois pas qu'elle mérite un peu de bonheur?, dis-je, sérieux, en la fixant droit dans les yeux.
Elle soutient mon regard sans répondre et je continue:
-Qu'a t-elle eu de sa vie de femme, jusque maintenant? Hubert de Jarvaux d'Arbois! La belle affaire...
-Vu comme cela, évidement..., répond-elle, pas plus convaincue que cela.
-Laisse-les tenter un bout de chemin ensembles!, reprends-je. Tu m'as dit toi-même que Pedro était un brave homme...
-Tu as raison, bien sûr!, convient-elle. C'est juste que... Je suis surprise... Maman et Pedro: Mon barman!
Mon ange gardien, comme me l'a avoué Maria., se dit-elle, en même temps.
-Elle aurait pu m'en parler, tout de même...
-C'est cela!, fais-je. Et te demander la permission, tant qu'à faire?
Elle finit par sourire et reprend:
-Pedro a tout de même deux grandes filles de...
Elle s'interrompt soudain et semble réfléchir.
-De quatorze et quinze ans!, termine-t'elle. Des ados!
-Tiens?, fais-je. Cela me rappelle vaguement quelque chose... Pas à toi?
-Sot!, a-t'elle pour toute réponse. Je sais bien que c'est le même âge que les nôtres... Ce qui m'inquiète, c'est: Est-ce que maman va s'en sortir avec elles?
-Oserai-je vous rappeler, Gente Dame, fais-je, en prenant un ton sentencieux, que Madame votre mère a, en ce domaine, une expérience plus que sérieuse? N'a-t'elle pas déjà été appelée à s'occuper de deux « ados », comme vous le dites?
-Deux?, fait-elle, une lueur étonnée dans ses yeux verts que j'aime tant.
-Bien sûr, deux! Si j'ai bonne mémoire, l'une s'appelait... Voyons!? Co... Coraline, me semble-t'il et l'autre, Caroline, je pense! Elle a plutôt bien réussi, non?
-Sauf pour le sale caractère de la plus grande, bien entendu!, termine-je, taquin.
-Une bonne fois pour toute, commence-t'elle, je n'ai pas un sale caractère, je...
Sa mimique indignée, à ce moment précis, ressemble tellement à celle de Caroline quand on la traite de « petite » que je ne peux m'empêcher de pouffer.

A suivre

La route menant à "Villa Luna"...

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