Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 49.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 49.

Message  loudé Mallorca le Ven 21 Mar - 19:52

Episode 49

-J'imagine déjà les explications que je vais devoir fournir!, gémit Cora, d'une voix plaintive.
-En attendant, dis-je, nous sommes toujours en vacances, les filles! Que va-t'on faire aujourd'hui?
A ma grande surprise, vous savez ce que me répondent mes chers anges?
-On voudraient bien rester à l'hôtel, avec maman! Cela doit être amusant de s'occuper des clients comme elle le fait!
Cora en avale son café de travers.
-Amusant? Vous avez de ces mots, les filles! Enfin, si vous voulez, je vous prends à la réception avec Maria-Luisa.
-Et moi?, fais-je, plaintivement. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire?
-Toi?, me fais Cora. Tu peux aller te promener... Il y a certainement des endroits de l'île que tu veux voir et qui n'intéressent pas les filles, non?
-Oui, sûrement!, lui répond-je, pas convaincu. Mais me balader tout seul...
A neuf heures, après avoir accompagné mes amours à l'hôtel Condor et m'être assuré une nouvelle fois que les filles ne veulent réellement pas m'accompagner, je monte dans la GTI de Cora et m'en vais au hasard...
Il ne fait pas très chaud, ce matin; le thermomètre doit flirter avec les dix degrés.
C'est certainement ce qui justifie les routes quasiment désertes...
Je roule depuis dix minutes environs quand je croise la grand-route -la C-717- qui mène à Santanyi, un village situé à l'est de l'île, que je ne connais pas.
N'ayant aucun but précis, je me décide à la suivre.
C'est une belle et large route, presque une autoroute, sur laquelle il n'y a absolument rien à voir...
Une fois Santanyi, je dois bien constater... que j'ai perdu mon temps en y venant!
C'est une belle petite ville, certes, mais ordinaire, sans âme, comme on peut en trouver n'importe où dans le midi de la France ou dans l' Espagne « continentale »...
Je la traverse sans même m'y arrêter.
Au sortir de Santanyi, plusieurs panneaux indicateurs font ce pourquoi ils ont été placés à cet endroit: Ils me renseignent sur les possibles directions à suivre. Puerto Pedro, Cala d'Or ou encore Cala Figueira...
-Va pour Cala Figueira!, me dis-je, sans savoir pourquoi.
J'ai dû entendre prononcer ce nom par l'un ou l'autre client, à l'hôtel.
Ici, la route se rétrécit et je dois me ranger sur l'accotement si, d'aventure, je croise une autre voiture.
Tout autour de moi, des champs, à perte de vue. Çà et là, surmontant de petites constructions en pierres jaunes du pays, de nombreuses éoliennes, typiques à Mallorca, toutes peintes en bleu et blanc.
C'est vrai que le sous-sol de l'île regorge d'eau!, me rappelle-je, dixit une brochure touristique que j'ai feuilletée distraitement un jour où j'attendais Cora à l'hôtel.
Tout est calme et silencieux autour de moi.
Cela, c'est le Palma que j'aime: Loin de la foule et des pôles touristiques!
Je continue ma balade, doucement, profitant de ce moment presque hors du temps.
La route forme un coude et monte doucement.
Je parcours encore cinq kilomètres et parviens au sommet d'un petit raidillon.
Juste en face, un parking semble n'attendre que ma voiture.
Je vais m'y parquer et descend de la GTI.
Je suis environ à une centaine de mètres au dessus du niveau de la mer, que j'aperçois en contre-bas.
Malgré la saison, la végétation aux alentours est bien verte...
Le ciel, dégagé, est d'un bleu lumineux et se confond avec la mer, là-bas, sur ma ligne d'horizon.
Ce mélange de vert, de bleu et le gris-noir des rochers des falaises qui m'entourent, forme une image d'une rare beauté que je savoure avec délectation.
J'observe un peu l'environnement autour de moi: Là-bas, sur ma droite, en un point plus élevé que celui auquel je me trouve, une grande maison, toute seule, comme posée au milieu de la verdure...
Je me remet au volant et décide d'aller la voir de plus près tant elle m'apparaît jolie vue d'ici.
Alors qu'elle me semblait très proche depuis le parking, les méandres de la route font que je met plus d'une demi-heure pour y parvenir.
J'avais bien vu: Elle est toute seule, posée au milieu de majestueux pins parasols. La route que j'ai suivi jusqu'ici ne va d'ailleurs pas plus loin: Elle se termine en un vaste rond-point, juste devant son portail.
Si j'en juge par les dimensions du toit que je vois dépasser par dessus le mur d'enceinte en gros moellons gris; c'est loin d'être chaumière!
Je descends de voiture...
Mis à part le murmure du vent dans les branches des pins et le ressac de la mer, il n'y a aucun bruit.
-Ceux qui vivent ici ont bien de la chance!, me dis-je, avant d'apercevoir la banderole, placardée en travers du portail, qui indique : Se vende. (A vendre)
A pied, je longe le mur extérieur, par la gauche, dans l'espoir d'en apercevoir plus.
Il s'arrête où commence la falaise.
Par-delà, je peux admirer une somptueuse terrasse ouverte directement sur la mer, toute en cassons de marbre beige, avec au centre, une grande piscine...vide!

NDLA: Ouais, je sais! Même à Majorque, on ne nage que rarement dans une piscine extérieure au mois de janvier! C'était pour mieux vous préciser les lieux!

Je reviens sur mes pas et longe l'enceinte par le côté droit, cette fois.
Au bout d'une dizaine de mètres, sur une longueur de cinq mètres environs, le mur est effondré.
J'ai vite fait d'enjamber les quarante centimètres du tas de cailloux restant et de pénétrer dans la propriété.
Ma première impression était la bonne: C'est loin d'être une petite maison!
Vaste esplanade de cassis de pierres bleues devant la façade principale, toute en pierres du pays, petit escalier qui mène à la terrasse remarquée tout-à-l'heure, toit en tuiles rouges caractéristiques... Ce serait réellement une très belle maison si...ses murs n'étaient recouverts de tags et de graffitis divers!
-Complètement abandonnée!, pense-je, en m'engageant dans le petit escalier en direction de la terrasse..
La grande baie vitrée censée fermer le bâtiment, côté piscine, n'est plus qu'un lointain souvenir.
La maison est complètement ouverte aux quatre vents. J'y entre...
Manifestement, l'intérieur en a été pillé: Plus un interrupteur ou une prise électrique dans les murs! A leurs places, des trous béants, d'où dépassent encore quelques fils électriques dénudés et tordus...
Tout ce qui n'a pas été volé a été détruit! Gratuitement! Pour le plaisir de casser, apparemment.
J'identifie ce qui reste de la grande cuisine grâce à un bac-évier, en acier inoxydable tout cabossé, qui tient encore au mur par miracle! Même les robinets ont disparus!
Heureusement, l'escalier qui mène à l'unique étage est en béton!
Sans quoi, « on » l'aurait certainement piqué, lui aussi...
Une fois en haut, j'y comptes pas moins de dix pièces, toutes de bonnes dimensions.
Hélas, sans étonnement, je ne peux que constater qu'il y règne la même désolation qu'en bas!
Plus une porte, un semblant de réseau électrique ou une vitre intacte...
Et partout, des tags, des graffitis...
-Si c'est pas malheureux!, songe-je. Une si belle bâtisse!
J'en ressors amer: Quel gâchis!
Au moment de remonter dans la golf, je me ravise.
Je m'approche de la banderole fixée sur le portail et parvient à y déchiffrer un numéro de téléphone au trois quart effacé.

A suivre

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