Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 56.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 56.

Message  loudé Mallorca le Lun 31 Mar - 19:33

Episode 56

-Qu'est-ce qu'on fait ici?, demande Magali. Pourquoi sommes-nous arrêtés? C'est ici qu'habitent nos...Heu... Grands-parents?
Cora se reprend la première.
Elle frissonne, comme si elle avait froid, tout-à-coup.
Nous descendons de la voiture, Caroline et Magali sur nos talons.
Je serre Cora dans mon bras, comme si elle pouvait s'évaporer dans l'air... Disparaître...
-C'est ici que j'habitais, quand votre père et moi nous sommes rencontrés, murmure Cora, d'une voix basse. J'en suis partie un matin de janvier pour me réveiller à Villa Luna... Comme cela!, fait-elle, en claquant des doigts. Sans transition!
-On dirait bien qu'elle est vide, cette maison!, constate-je, à haute voix, en m'approchant du portail ouvert. On va voir?
-Bonjour, Messieurs-Dames, fait soudain une voix aimable derrière nous. Vous êtes perdus? Je peux vous aider?
Je me retourne et reste un instant pétrifié sur place: Devant moi se tient le voisin qui, quelques années plus tôt, m'a remis la lettre de rupture soi-disant écrite pour moi par Cora.
-On se connaît, non?, fait-il, en demandant visiblement de gros effort à sa mémoire. Je vous ai déjà vu quelques part...
-Oui, lui concède-je. Nous nous connaissons! Nous nous sommes vus ici même... Début du mois de janvier 1996...
-Vous êtes le jeune homme à qui j'ai remis une lettre de mon voisin de l'époque...
-Et je suis la fille de ce même voisin!, précise Cora. Nous venions montrer la maison où j'habitais à nos filles...
-Je vous reconnais, maintenant!, fait-il, en souriant. Je suis content de vous revoir! Vous aviez disparus si vite, vous et votre famille...
Ma femme et moi nous sommes souvent demandé quel malheur avait bien pu frapper vos parents pour qu'ils s'évaporent dans la nature, comme cela.
-Vous voulez entrer?, fais le voisin. La maison est vide actuellement: Elle est à louer! Il se fait que c'est moi qui l'ai rachetée à l'homme d'affaires de votre père... Hubert de Jarvaux d'Arbois, je pense... si ma mémoire est bonne? Qu'est-il devenu?
-Pas grand chose de propre!, fais-je, malgré moi, à mi-voix. Une franche crapule, même!
-Nous pouvons réellement la visiter?, demande Cora, m'évitant ainsi de devoir donner les explications que ce brave voisin s'apprêtait à me demander.
-Oui. Bien sûr!, répond-il. Le temps d'aller en chercher la clé...
-Voilà!, dit-il, cinq minutes plus tard, en lui tendant une clé plate. Restez tout le temps que vous voulez: Vous n'aurez qu'à la remettre dans ma boite aux lettres en partant!
Tremblante et émue, Coraline franchit le portail la première et s'arrête devant la porte d'entrée...
-Voilà, fait-elle, en pénétrant de le vaste hall d'entrée. Je me souviens vaguement d'être sortie par cette porte et c'est à peu près tout!
-Ici, continue-t'elle, c'était le salon! Je revois encore Hubert me traiter de traînée, de petite garce, après que le docteur Soupart nous ai annoncé que je t'attendais, ma Caroline. Mon propre père!
-Je l'aimais, moi, ce salaud!, fait-elle, soudain, en éclatant en sanglots. C'était mon père!
Je me précipite et l'enlace de mes bras, lui couvre le visage de baisers.
-Là, là, lui murmure-je doucement à l' oreille. Calme-toi, je suis là... Je t'aime... Il ne vaut même pas la peine que l'on parle de lui... Il n'est rien! Il n'existe pas...
Le visage de nos filles est grave; elles n'ont jamais vu Cora craquer!
Je tend un paquet de mouchoirs en papier à mon adorée et elle essuie ses yeux que j'aime tant.
-Tu as raison!, me dit-elle, en se reprenant. Il n'existe pas! Il n'existe plus!
-C'est ici, sur cette marche, continue Cora en s'engageant dans l'escalier des étages, que je m'asseyais pour te téléphoner tranquillement le soir, mon chéri! J’entends encore maman me dire: « Coraline! Encore avec ton Pierre sans doute! Dépêche-toi: Le téléphone, cela coûte cher! » Comme si cela pouvait les ruiner...
Elle agissait ainsi pour me protéger des colères de mon père, et je n'en savais rien!
-Ici, fait Cora, c'était ma chambre...
-J'en ai marre, Pierre! Allons nous en!, fait-elle, brutalement, en redescendant déjà le grand escalier. Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu revenir dans cette maison. Je n'y ai que de mauvais souvenirs...
En sortant, malgré moi, mon regard se pose sur le sol, devant la porte d'entrée...
-Tu cherches quelque chose, Pierre chéri?, me fait Cora, une lueur interrogative dans les yeux.
-Heu... Non, non! Simplement, j'ai un jour trouvé un trésor sur ce perron... Juste là! Exactement là!, dis-je, en indiquant un endroit précis de mon index tendu.
-Un trésor?, font Caro et Magali ensembles, comme de coutume.
-Ah, oui! Un trésor! En tout cas, pour moi, c'en était un! A part vous trois, je n'ai jamais rien possédé de plus précieux!, achevai-je, en souriant.
-Et... Tu l'as encore, ton trésor, papa?; fait Caroline, intriguée.
-Bien sûr! Il ne me quitte jamais! Tu veux le voir?
-Evidemment! Cette question!, font nos deux filles. Montre!
Je sors mon porte-feuille de ma poche et en retire une petite photo sale et jaunie...
Dessus, on peut y voir une petite fille de quatre ou cinq ans, souriante, qui tient un ours en peluche blanc serré contre sa poitrine...
-C'est tout ce que j'ai eu de votre maman pour me souvenir d'elle pendant des années... Vous comprenez maintenant pourquoi c'est un trésor?
(Voir Coraline & Pierre ou l'amour triomphe toujours.)
Pendant ce temps, Cora, qui a déjà déposé la clé dans la boite aux lettres du voisin, a remis le moteur de la GTI en route.
-Allez, allez! Partons d'ici!, fait-elle. Je ne veux pas rester une minute de plus devant cette baraque...
Nous grimpons à bord et elle démarre tout doucement, contrairement à son habitude.
Elle a été durement secouée en revenant ici!, me dis-je, à part moi.
Nous parcourons encore un kilomètre avant de nous arrêter à nouveau: Sur la place du village, cette fois!
Cora ouvre de grands yeux:
-J'avais oublié combien cette petite place était jolie, fait-elle, à nouveau émue. Rien n'a changé!
Effectivement, c'est toujours la bonne vieille place de Pont-du-Roy, le si joli village de carte postale.
-Venez; je vous offre un verre, au café du centre, dis-je.
J'entre le premier.
Dès que j'en pousse la porte, toutes les conversations s' interrompent un bref instant et le regard de la quinzaine d'hommes présents dans le bistrot se tourne vers nous.
J'entends çà et là quelques sifflements d'admiration, quand ils aperçoivent Cora et les filles.
Nous nous installons à une table libre.
Je connais tous ceux qui sont ici; je suis né et j'ai grandi à Pont, quand même!
J'y ai tenu un commerce florissant, aussi!
Ils se précipitent vers nous pour nous saluer joyeusement et bruyamment.
-Hé bien, mon cochon! Tu ne t'ennuies pas depuis que tu as quitté le village!, fait Claude, un agriculteur qui m'a acheté trois Aixam d'un coup, autrefois, en désignant les filles derrière moi.
-Tu pourrais nous présenter ces charmantes dames!, surenchérit Pascal, un autre de mes anciens clients.
-On se calme, les gars!, fais-je en riant. Je vous présente ma future femme, Coraline.
Je laisse passer un petit blanc avant de continuer:
-...Et mes filles: Magali et Caroline! Défense de toucher!
-T'as une femme et des filles, toi, maintenant?, bredouille Jo, l'ivrogne du village, d'ordinaire très gentil mais dont les femmes de Pont savent qu'il faut se méfier des mains baladeuses sitôt qu'il est ivre.
A suivre

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