Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 57.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 57.

Message  loudé Mallorca le Mar 1 Avr - 19:34

Episode 57

J'ai eu mailles à partir une fois ou deux avec lui; il est incontrôlable quand il a bu et cherche des crosses à tout le monde.
-C'est vrai, cela!, reprend Claude. Il n'y a pas si longtemps que cela, tu étais encore le beau parti dont la moitié des filles du village auraient bien fait leur quotidien... Et tu nous reviens en père de famille? Explique!
-Une autre fois, les gars! C'est trop long à raconter! J'ai retrouvé la femme que j'aimais... C'est tout!
-Ainsi, c'est elle, ta Coraline dont tu nous as bassiné les oreilles des années durant, fait en souriant le patron, qui n'avait encore rien dit jusqu'à alors.
-Gardez-le et soignez-le bien surtout!, fait-il, en direction de Cora. Il a fait le désespoir de la majorité des filles du coin qui lui faisaient les yeux doux! Lui, il n'en avait qu'une en-tête: Vous!
Cora et moi échangeons un long regard dans lequel nous mettons tout notre amour, sans dire un mot.
-Tournée générale!, annonce-je, pour rompre le silence qui menace de s'installer.
-C'est la meilleure nouvelle que j'ai entendue depuis bien longtemps!, lance Claude, en levant son verre. Santé!
Entre-temps, Jo, l'ivrogne, est venu s'asseoir à côté de Magali.
Pas besoin d'être devin pour savoir ce qui se passe dans son esprit embrumé par l'alcool: L'éclat de ses yeux trop brillants est suffisamment éloquent!
-Viens près de moi, Magali!, dis-je. Il n'est pas méchant mais...
Avant que je n'ai pu terminé ma phrase retentit le bruit caractéristique d'une gifle monumentale, assénée avec force, tandis que Magali, d'une voix blanche, mais très calme ne déclare:
-Toi: Tu ne me touches pas! C'est bien clair, comme cela?
L'assistance éclate de rire tandis que Jo se tient une joue droite qui prend une jolie couleur rouge brique.
-Hé bien, constate Louis, le patron, elle a de qui tenir, ta fille! 'Faut pas la chercher!
Cet intermède amuse tout le monde sauf... Jo!
Il bondit sur ses pieds et se tourne vers Magali, la main levée, prêt à lui rendre sa gifle.
-A ta place, j'y réfléchirai à deux fois, Jo!, fais-je, d'une voix douce mais lourde de sous-entendus, en me levant à mon tour.
Je le domine d'une bonne tête, mais son esprit embrumé est incapable d'encore lui transmettre cette information.
-T'occupes pas de cela, toi, le garagiste! C'est une affaire entre mademoiselle et moi...
-Cela suffit comme cela, Jo!, fait le patron. Termine ton verre et sors d'ici! Tu reviendras quand tu seras dessoûlé. Puis, se tournant vers moi:
-Désolé, Pierre! Tu le connais, hein! Quand il est bourré...
Ne tenant aucun compte de nos remarques, Jo fixe une Magali, pas trop rassurée, droit dans les yeux et lève la main un peu plus haut. Cette fois, j'en suis sûr: Il va la frapper!
Ce petit manège a assez duré. Je me place derrière lui, debout et lui lance, sèchement:
-'Suffit! Sinon, c'est avec moi que tu vas devoir t'expliquer...
-Tu crois peut-être que tu me fais peur?, dit-il, en se retournant.
-Ecoute!, tente-je encore, très calmement, espérant le calmer, je ne suis pas venu ici pour me battre... Je viens juste pour montrer mon village natal à mes filles... Ne gâche pas mon dimanche... Et le tien par la même occasion!
Mon petit laïus n'a pas, mais alors pas du tout, l'effet escompté: Au lieu de se calmer et de faire profil bas, il tente de me balancer une droite à la face...
Vu son état, je n'ai aucun mal à l'éviter et lui, emporté par son élan, va s'écraser au sol, devant le comptoir; ce qui provoque une nouvelle hilarité générale.
-Bien!, fait le patron, en l'empoignant par dessous le bras. Cela suffit!
-Va cuver dehors!, achève-t'il, en le flanquant à la porte. Tu reviendras quand tu seras plus calme.
-Excuses-moi encore, Pierre! D'habitude, j'arrive à le tenir, mais là...
-Y'a pas de mal!, l'assure-je. Remets-nous une tournée et puis, nous irons continuer notre visite...
-Pierre?, fait soudain Claude. Vous avez encore cinq minutes?
-Pour?, fais-je, surpris.
-Le club de pétanque de Pont organise son repas annuel dans la salle des fêtes. Je vous y offre l'apéro, si vous avez encore le temps, achève-t'il.
-La salle des fêtes..., murmure Cora. Je n'ai plus été depuis un certain soir de juin '94...
-Allons-y!, fais-je.
Nous quittons le bistrot, après en avoir salué tous les occupants, non sans promettre que nous y reviendrons bientôt et nous traversons la place en direction de la salle, juste à côté de la « si jolie » petite église, comme disent les touristes.
A notre passage, Jo, vautré sur un banc malgré la fraîcheur des températures, nous jette un regard noir.
Dans la salle, rien n'a changé! Toujours le même grand comptoir de bois, à droite, en entrant, auquel nous allons nous accouder, et une sono qui fait ce qu'elle peut pour se faire entendre...
Même les disques sont toujours les mêmes!, me dis-je, quand, après avoir tendu l'oreille, je reconnais dans le brouhaha ambiant Christophe qui appelle encore et toujours son Aline, celle-là même dont il avait dessiné le beau visage sur le sable des années auparavant.
Cora vient se lover contre moi: Les mots ne sont pas mise pour expliquer ce que nous ressentons en ce moment précis.
Nos lèvres se cherchent un bref instant, se trouvent et se soudent, sous le regard un peu honteux de nos filles qui doivent nous trouver « vachement ringards! »...
-C'est ici que nous sommes connus!, fait Cora dans leur direction.
-Oui! Et de quelle manière!, surenchère-je.
Rien que ce souvenir nous fait éclater de rire, sous le regard interrogateur de Caroline et Magali.
-On vous racontera un jour! Promis!, fais-je, en remettant une « tournée-baiser » à mon cher ange.
Claude, qui entre-temps a commandé les boissons – kir/Mousseux pour tout le monde-, s'approche de nous, son verre à la main.
-Les vôtres sont là!, fait-il, en désignant le comptoir devant nous.
-Santé! A nos retrouvailles d'aujourd'hui et à vous deux!, continue-t'il, en levant son verre.
-Nous quatre!, rectifie-je.
-Bien entendu! Excuse-moi, fait-il. J'ai déjà du mal à m'habituer à ce que tu ais une femme...Alors qu'ici, à Pont, tu as toujours été LE célibataire pur et dur... Tu comprends; pour tes filles, il me faut encore un peu de temps avant de m'y faire!
Nous goûtons un peu de kir, pas mauvais au demeurant, et il poursuit:
-Surtout qu'elles sont déjà bien grandes! De toi à moi, elle a bien de la chance, cette jeune personne, dit-il encore, en désignant Cora.
-De la chance?, fais-je, curieux d'entendre la suite. Pourquoi?
-Ben, c'est que... Une mère célibataire avec deux enfants... Il n'y a pas beaucoup d'hommes qui auraient encore voulu d'elle...
Je suis abasourdi: Ainsi, c'est ainsi qu'ils ont perçu Cora, les gens de Pont! Une mère célibataire qui s'est collée à moi pour d'obscures raisons!
-Alors écoute-moi bien, Claude, car je ne le dirais pas deux fois: Cora n'est pas une mère célibataire et les deux filles sont bien mes filles, dis-je sérieusement, en ne mentant qu'un petit peu, pour ce qui concerne Magali.
-J'ai connu Coraline ici-même, en 1994! Son père me l'a enlevé quand il sut qu'elle attendait les jumelles... Et j'ai mis près de quatorze ans avant de les retrouver!
Alors, tu vois: Elle est loin d'être une mère célibataire que j'ai recueilli par bonté d'âme ou pour tout autre raison!
En m'entendant parler de jumelles, mes « trois femmes » m'ont souri tendrement... Rien que pour ce sourire, je me damnerais volontiers; je crois bien que je n'ai jamais rien vu de si beau que mes amours me sourient toutes ensembles! Elles sont toute ma vie!

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