Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 59.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 59.

Message  loudé Mallorca le Jeu 3 Avr - 19:20

Episode 59

Elle ne dit rien mais, quelques kilomètres plus loin, quand elle gare la voiture sur le bas de côté de la route, juste devant un sentier qui se perd dans de hautes herbes brunes, je sais que je ne me suis pas trompé.
Nous descendons de voiture et nous y engageons.
Bien vite, notre « chez nous » d'antan nous apparaît, caché en grande partie par le lierre qui s'en est donné à coeur joie tout au long de ces dernières années...
Je serre ma Cora dans mon bras. Nous ne parlons pas; ce n'est pas nécessaire!
Nous nous arrêtons devant un arbre de bonne taille; sur son tronc quelqu'un a gravé au couteau -il y a bien longtemps- un coeur devenu énorme, avec le temps.
Au centre de ce coeur? Coraline et Pierre. 17 août 1995.
Je me tourne, ému, vers mon unique amour et me penche pour l'embrasser...
Elle pleure à gros sanglots silencieux...
-C'est ici, dis-je d'une voix mal assurée, brisée par une émotion intense, que nous t'avons conçue, ma Caroline...
Une demi-heure plus tard, nous descendons de la GTI garée à quelques cent mètres de la maison de mes parents.
Ils ne nous attendent pas et je vois nettement la surprise heureuse se peindre sur le visage de ma maman quand elle nous ouvre la porte, après mon bref coup de sonnette.
-Pierre! Coraline! Il si longtemps que nous ne sommes vus! Entrez, entrez...
Elle s'avise soudain de la présence de Caroline.
Comme Magali la suit de très près, elle ne voit pas son visage.
-Tu es Caroline, n'est-ce-pas? Jacques! Jacques! Viens vite voir! Notre petite-fille, enfin!
Mon père déboule de la salle de séjour, un grand sourire heureux sur le visage et les bras tendus vers nous.
-Mes enfants! Entrez! Entrez, voyons!
Même Bill, le chien nous fait la fête et sautille tout autour de nous en jappant.
-Quelle bonne idée d'avoir amené une amie avec toi, Caroline! Vous pourrez aller vous balader ensembles pendant tes parents et nous discuterons sérieusement d'histoires d'adultes...
-Maman, fais-je, doucement, Magali n'est pas une amie de Caroline... Regarde-la mieux!
Le sourire réjouit qu'elle arborait jusque maintenant s'efface d'un coup pour faire place à une stupéfaction sans nom:
-Ce... Ce n'est pas possible! Qui est cette jeune fille?
Mon père, lui aussi, vient de remarquer Magali.
-Oui! Qui est-ce?, surenchérit-il, avec la même expression que ma mère sur le visage.
-C'est un peu long à expliquer, commence-je. Disons que, dès que tous les papiers seront signés, elle sera la grande soeur de Caroline...
-Jacques!, fait maman. Tu te rends compte! Nous qui désespérions de ne pas avoir de petits-enfants: Nous en avons deux!
-Venez dans mes bras, mes chéries!, continue-t'elle, en les ouvrant en grand.
-Sa grande soeur, dis-tu?, fait mon père. Mais elles sont jumelles! Comment faites-vous pour les distinguer l'une de l'autre?
-Elles sont différentes, malgré tout!, fait Cora. Magali a les yeux foncés tandis que Caroline a les yeux de Pierre...
Il y a bien une autre différence, mais vous me voyez expliquer à mon père qu'une de mes filles à les nénés plus gros que l'autre? Moi pas!
Nous nous installons tous au salon et bien vite, ma mère et mes amours se lancent dans une conversation à bâtons rompus dont, nous, les hommes, sommes exclus.
-Et depuis le temps que tu n'es plus venu nous voir, Pierre, me demande mon père, en souriant, tu n'as pas eu de difficultés à retrouver ton chemin, à Pont?
-Oui, je sais!, lui répond-je. Il y a bien longtemps que nous ne sommes venus. Mais entre mon nouveau boulot, notre installation dans la grande maison... L'agression de Dominique, ma future belle-mère... Je n'ai pas eu un seul instant à moi ces temps-ci.
-Tu sais, continue-je, ma vie a été complètement bouleversée, ces derniers mois!
-Et en plus, quand j'arrive ici, je dois encore me défendre des attaques de Jo!, achève-je.
-Ouais! Cela a du te demander un gros effort, tiens!, fait mon père goguenard. Mais que viens-tu de dire? Dominique a été agressée? Quand? Par qui?
Je lui explique par le menu ce qui s'est passé, l'hôpital, le docteur Dawir...
-Un bien brave homme, ce docteur!, me coupe mon père. Sans lui, nous ne serions peut-être pas en train de nous parler, actuellement! C'est quelqu'un de très compétent!
-Et comment va Dominique, actuellement?, continue-t'il.
Je lui raconte notre séjour à Mallorca, sa rencontre avec Pedro et le fait qu'elle soit restée avec lui, là-bas. L'achat de la maison...
-Et vous pourrez y aller quand vous le voudrez, l'assure-je. Elle est plus que grande assez, crois-moi!
-C'est tout de même étrange, cette histoire d'agression!, me dit-il, un pli soucieux lui barrant le front, soudainement.
-Oh oui!, acquiesce-je. Surtout que le même soir, j'ai retrouvé ma voiture en feu, sur le parking de ma propre maison. Et apparemment, elle n'a pas pris feu toute seule: L'épave puait l'essence à plein nez!
-De plus en plus étrange!, fait mon père, l'air vraiment contrarié.
-Je ne voulais pas te le dire car je n'en voyais pas l'intérêt, dit-il encore, mais moi aussi, j'ai été agressé. Ici même, dans la rue, devant la maison!
-Quoi?, fais-je, stupéfait. Toi aussi? Tu n'as rien, au moins?
-Oh, il en faut plus que deux blanc-becs qui se prennent pour des terreurs pour m'abattre!
-Par contre, eux, ils n'y reviendront plus de si tôt, sois-en sûr, fils!, termine-t'il, en souriant.
-Mais que s'est-il passé, exactement?, m'inquiète-je.
-Je ne sais pas! Je sortais avec Bill pour son petit pipi, quand deux gaillards s'approchent de moi, en roulant des épaules...
Il y avait un petit, avec un bonnet de laine enfoncé sur ses sourcils et un autre, un peu plus grand.
Il laisse passer un blanc et reprend:
-Ils s'amènent. Le plus petit me demande si je suis Jacques Delcampe... Je leur réponds que oui et sans que rien ne le laisse prévoir, il me balance un bourre-pif! Du moins, il essaie, complète-t'il, tout sourire.
-Et alors? Il ne t'a pas fait mal, au moins?
-Mal? Il m'aurait peut-être fait mal...si il avait réussi à me toucher! Pas de chance pour lui!, continue-t'il, en riant comme s'il venait de me raconter une bonne blague. A la place, c'est moi qui l'ai touché! Et son copain avec! Tu me connais, non?
Oui, papa! Je te connais! Il n'y pas meilleur homme que toi sur cette terre...si on ne te cherche pas!, pense-je.
-Que sont-ils devenus?, interroge-je, curieux d'entendre la fin de l'histoire.
-Ils sont remontés dans leur voiture et ont filés sans demander leur reste! De vrais petits durs, quoi!
-Tu as vu la voiture, papa? Tu peux me dire de quelle marque elle était?
-Une Renault Clio, je crois. Un modèle déjà assez ancien!, me répond-il.
Une Renault Clio! Marcel m'a dit qu'il y avait une Renault Clio garée dans ma rue quand ma voiture a brûlé!
-Tu es sûr que c'était bien une Clio?
-Certain!, fait-il, avec détermination. Je ne suis pas encore gaga, à ce que je sache!
-Et quand ils t'ont abordé, ils ont dit quoi, exactement?
-Hé bien, ils m'ont demandé si j'étais Jacques Delcampe, le père de Pierre...


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