Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 67.

Aller en bas

Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 67.

Message  loudé Mallorca le Lun 14 Avr - 19:03

Episode 67

-N'est-ce pas?, fait Dorian, empli d'une joie mauvaise.
Il s'empare de l'enveloppe posée sur la table, en examine le contenu puis le replace à l'intérieur:
-Parfait! Elles sont parfaitement identifiables! 'S'agirait pas qu'on se goure!
-Elles datent de l'année passée!, fait Hubert. Mais elles n'ont pas changés, vous verrez! Une chance que j'aie pensé à les voler à mon ex-épouse. Je n'ai aucune idée de pourquoi je les ais prises, mais aujourd'hui, je m'en félicite!
Il porte la main à son front avec une grimace de douleur.
-Cela ne va pas?, l'interroge Marc.
-Je... Si, si! Cela va! J'ai souvent d'atroces migraines, ces derniers temps, répond-il, tout en fouillant sa poche à la recherche des comprimés de Dafalgan qui le quittent plus.
-Bon!, reprend Dorian. On passera à l'ouvrage dès que possible! En attendant, nous ne nous verrons plus! Je vous appellerai pour que vous puissiez voir par vous-même comment nous les traitons dès qu'elles seront nos...invitées!
-Sortez le premier!, lui intime-t'il. Nous vous suivrons dans cinq minutes! Et merci de payer notre bouteille avant de partir!
Par le plus grand des hasards, ce même jour, Marcel Dupont, qui a dû, au pied levé, remplacer un de ses enquêteurs malade pour une EC (Enquête-Cocu, comme ils appellent ce genre d'investigations dans leur jargon), est assis dans sa Mercedes garée dans une rue en face de la gare de Braine-l'Alleud.
Une jeune femme a des doutes sur la fidélité de son mari: Elle le soupçonne de rejoindre sa maîtresse deux fois par semaine, sitôt qu'elle l'a déposé devant cette gare.
En professionnel attentif, l'appareil photo prêt à servir, il voit s'arrêter la Nissan verte du couple devant le bâtiment ferroviaire.
L'infidèle supposé embrasse sa femme tendrement et descend du véhicule.
D'un pas pressé, il entre dans la gare... et en ressort sitôt que sa femme a disparu!
Une première fois, Marcel appuie sur le déclencheur de son appareil...
Il traverse la rue et disparaît dans l'entrée d'un immeuble à appartements un peu plus haut.
Le flash de l'appareil photo de Marcel crépite à nouveau à ce moment précis.
Plus qu'à attendre qu'il ressorte et a noter l'heure!, songe Marcel.
Et maintenant? Que vais-je faire?, se dit-il, souriant en se rendant compte qu'il paraphrase la célèbre chanson de Bécaud.
Il descend de voiture.
'Doit bien y avoir une librairie dans le secteur! Un journal m'aidera à passer le temps!, se morigène-t'il, furieux contre lui-même de ne pas avoir pensé à en acheter un plus tôt.
Ah! La chance est avec moi. Il y en a une juste là!
Au moment où Marcel y parvient, un petit bonhomme, vêtu d'une veste de sport claire, sortant tête baissée du café voisin, lui coupe la route, sans même lui accorder un regard.
Son coeur a un raté: de Jarvaux! Hubert de Jarvaux d'Arbois, lui-même!
Mû par une sorte de réflexe conditionné, Marcel se détourne vivement, faisant mine de s'absorber dans la contemplation de la vitrine d'un magasin d'électroménagers qui a la bonne idée de se
trouver à cet endroit.
Précaution totalement inutile car Hubert ne regarde rien n'y personne autour de lui!
Il se dirige droit vers une BMW série cinq grise, garée devant...un gros pick-up Dodge Ram bleu!
Où déjà ai-je vu ce pick-up?, pense Marcel, à haute voix, avant de se souvenir du chantier de démolition automobile de Grand-Sart.
-Tiens, tiens! De Jarvaux serait en cheville avec les casseurs automobiles... Pourquoi?
Il reste immobile, devant le vitrine, apparemment très attentif à ce qu'il y voit.
Si quelqu'un, à ce moment précis, lui poserait la question de savoir ce qu'il y fixe ainsi avec tant d'attention, il serait bien en peine de répondre: En fait, tout ce qui l' y intéresse, c'est le reflet de la porte d'entrée du café!
Quelques minutes après Hubert, deux hommes en sortent et se dirigent vers le pick-up bleu.
D'un regard, le détective grave leurs traits dans sa mémoire...
Et m... pour ma cocue!, se dit-il en poussant la porte d'entrée du petit café.
-Un café, s'il-vous-plait!, fait-il, quelques minutes plus tard, au patron qui essuie ses verres d'un geste machinal, derrière le comptoir.
-Belle journée, aujourd'hui!, commence Marcel, en s'asseyant sur un des hauts tabourets du comptoir.
-Ah, pour vous je ne sais pas!, fait le patron. Mais pour moi, elle commence bien! C'est exceptionnel de vendre une bouteille de vin à 25 euro dès l'ouverture! Espérons que cela continue comme cela!
-Il y a des gens qui carburent au picrate de si bon matin?, fait Marcel, faussement étonné.
-Et oui, mon bon Monsieur!, dit le patron. Malheureusement pour moi, ils deviennent rares... Les contrôles de police deviennent trop nombreux... Plus personne n'ose boire!
-Mais vos clients de ce matin, là: Ils n'ont pas hésité!
-Non! Mais à leur allure générale, on voit bien qu'ils considèrent que les lois ne sont pas faites pour eux, ces deux là!
-Vous les connaissez bien?, demande Marcel, avec l'air de ne pas y toucher.
-Jamais vu! Ils sont entrés, se sont assis là, fait le patron du bistrot, en désignant du pouce une table dans le fond de la salle et m'ont commandé leur bouteille. Ensuite, plus un mot jusqu'à l'arrivée de leur ami. Un petit bonhomme un peu plus vieux...
Marcel a suivi du regard la direction que le pouce tendu du patron lui indiquait: Au pied d'une des chaises, une tache plus claire sur le carrelage gris attire son attention.
Il se lève et s'en va ramasser un petit morceau de carton blanc. Il le retourne et reste sans voix: dans la main il tient une photo de Caroline, la fille de Pierre et de Coraline! A moins que ce ne soit Magali? En les voyant devant lui, en vrai, il lui est déjà impossible de les discerner l'une de l'autre... Alors en photo...
-Qu'est-ce qu'ils peuvent bien manigancer?, songe Marcel, perplexe.

****

Lundi 21 avril. Hier soir, j'ai été conduire Dominique et Pedro à l'aéroport: Ils rentrent à Mallorca!
Notre séparation sera de courte durée puisque nous irons les rejoindre pour passer avec eux les vacances de pâques.
Il est dix heures vingt et, au volant de ma vieille cinq, je me dirige vers mes bureaux, à Boisfort.
Cora a gardé la Golf: Cette dernière semaine avant les vacances, elle s'occupe de l'hôtel « Les Grognards », à Braine-l'alleud, après avoir déposé les filles à l'école.
A neuf heures quinze, elle gare sa voiture le long du mur aveugle de l'hôtel, sur le terrain plus ou moins aménagé en parking.
-Il faut vraiment que je fasse aménager cette zone avant que la saison touristique ne commence!, se dit-elle, en descendant de la Golf.
A sa droite est stationnée une Renault Clio grise dont le coffre arrière grand ouvert.
Deux hommes, vêtus de la tenue du parfait touriste -chemises à fleurs et pantalon beige crème- y sont accoudés nonchalamment.
Comme elle passe à leur hauteur, elle perçoit nettement leur conversation qui a l'air animée:
-Je te dis, fait le plus petit, que nous devons prendre à droite au bout de la rue et à gauche ensuite.
-Non, non!, lui rétorque le plus grand. Je sais ce que je dis, nous devons prendre à gauche...
-Mademoiselle, s'il-vous-plaît?, fait l'un des deux hommes. Pourriez-vous nous renseigner?
Sans méfiance, Cora s'approche...
-Que puis-je pour v...
Le reste de sa phrase s'étouffe dans sa gorge: le plus grand, vif comme l'éclair, lui a couvert la tête d'un sac de toile.
A suivre

loudé Mallorca

Messages : 103
Date d'inscription : 16/12/2013
Age : 61
Localisation : Waterloo. Belgique

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum