Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 71.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 71.

Message  loudé Mallorca le Ven 18 Avr - 18:56

Episode 71

Quand ils sont sortis, Magali se lève et se dirige vers Cora.
Elle lui enlève la toile qui la bâillonne et lui libère les mains.
-Cela va?, interroge-t'elle.
-J'ai connu mieux!, fait crânement Cora, en se massant le ventre doucement. Il n'a pas tapé trop, trop fort, heureusement! Quelques traces, seulement! Dans un jour ou deux, il n'y paraîtra plus!
-Que nous veulent-ils, maman?, interroge Magali. Qu'est-ce qu'on fait ici?
-Si seulement je le savais!, répond Cora. Le plus petit m'a conseillé de nous reposer car son frère à de grands projets nous concernant... C'est tout ce que je peux te dire, ma chérie...
-Ils ne se sont pas foulés pour le luxe, ici, en tout cas, fait remarquer Magali en désignant le WC ouvert à tous les regards.
-Tu l'as dit! Et je dois y aller...
-Il n'y a pas d'autre solution: vas-y! Je ne regarderai pas!, dit Magali, en souriant malgré elle.
-Le show permanent commence!, dit Marc, les yeux exorbités et rivés à l'écran de télévision installé dans l'armoire au-dessus de l'établi. Les caméras enregistrent bien tout, Jaco?
-Cela à l'air, en tout cas!, répond celui-ci, les yeux également rivés sur l'écran.
-Dorian a eu une riche idée en mettant ces caméras! Elles ont coûtés chères... mais on va pouvoir en vendre des DVD aux voyeurs de tout poils! Mère et fille enfermées, filmées 24h sur 24h! Mieux qu'un reality show, à la télé! reprend Marc, savourant d'avance la montagne de fric qu'ils vont palper prochainement; il en est sûr!


***************

-Quoi? Un accident? Où?, fais-je. Annulez tous mes rendez-vous! Je pars immédiatement!
Jamais je n'ai été si vite pour parvenir à ma voiture. Ma Cora a eu un accident!
Elle gît sur un lit d'hôpital, là-bas, à Braine-l'alleud...
Blessée! Pire encore, peut-être!
Sonia, ma secrétaire, a du prévenir le corps de garde de ma sortie car, comme je m'en approche, la barrière se lève.
Je n'y marque même pas l'arrêt.
Rapide coups d'oeil à gauche, sur la route principale et je m'y engage pied au plancher.
J'ai le temps: A part un gros pick-up foncé qui arrive d'assez loin, rien!
Pourvu que ce ne soit pas trop grave! Tiens bon, mon amour! J'arrive!
Au diable la limitation de vitesse: J'ai une singulière urgence!
La route tourne sèchement à gauche... M'en f...!
La cinq peut passer; je l'ai déjà fait!
Je jette un coup d'oeil dans mon rétroviseur dès fois qu'un flic, sortit du commissariat au moment où je passais devant, se mettrait en tête de m'arrêter.
Je sursaute: Il n'y a pas de flic, mais collé à ma voiture, le gros mufle d'un Dodge Ram bleu. J'aperçois nettement les boulons de fixation de son énorme pare-buffles chromé.
Un choc léger et ma vitre arrière vole en éclat.
-Le c...!, pense-je, en levant déjà le pied de l'accélérateur, prêt à m'arrêter dès que possible. Comme si j'avais le temps de remplir un constat maintenant!
Mais au lieu de ralentir aussi, le pick-up derrière moi augmente encore sa vitesse, nous poussant devant lui, ma petite Renault et moi, comme un vulgaire fétu de paille.
-Ce c... va me tuer!, pense-je. Que me veut-il, à la fin?
J'appuie de toutes mes forces sur la pédales de freins.
Ils sont plus que suffisants pour arrêter une Renault cinq, même lancée à pleine vitesse, en temps normal...
Mais avec un « poussant » de la taille et de la puissance du Dodge, rien à faire!
Encore heureux que j'ai bouclé ma ceinture, ai-je encore le temps de penser.
Un choc plus violent! Ma voiture décolle vers la cime des arbres: J'ai du prendre la haute bordure de plein fouet!
Je me sens étrangement calme et détaché...
Comme si tout ce qui se passait en ce moment ne me concernait pas.
Dire que j'ai mis plus d'un an à la retaper, cette voiture!, me dis-je, bêtement.
C'est idiot de mourir comme cela!, pense-je encore, en sentant la voiture s'incliner fortement à droite.
Subitement, l'image de Cora et de mes filles se superpose à tout!
Plus d'arbres, plus de bruit... Rien qu'elles qui me regardent fixement...
Cora semble vouloir me dire quelque chose; j'en suis sûr!
Mourir? Pas tout de suite! Tu as encore beaucoup de choses à faire! Tu as une vie à vivre: Notre vie!, l'entend-je me dire, distinctement.
Je reprend brutalement conscience avec la sinistre réalité: La Renault continue le mouvement de basculement à droite entamé une fraction de seconde plus tôt.
Une fraction de seconde, dites-vous? Tiens? Moi je dirai plutôt: Il y a un siècle...voire deux!
Sans même que je n'en prenne pleinement conscience, ma main droite prend appui dans le bas du volant tandis que la gauche appuie fortement sur le toit.
Accompagne le mouvement! Accompagne le mouvement! Ne résiste pas!
Ah? Mon prof de cascades est à bord?, pense-je, sincèrement étonné d'entendre le son de sa voix.
Un bruit épouvantable, le pare-brise qui vole en éclat et... plus rien!
Ma tête vient de heurter violemment le montant latéral de la voiture...
Je ne suis pas totalement inconscient mais je suis incapable d'effectuer le moindre mouvement!
Il me semble très vaguement apercevoir deux hommes debout, à côté de ma voiture.
-L'a son compte!, fait le petit.
-Cela en a bien l'air!, répond l'autre. M....! F... le camp! Quelqu'un arrive!

****

-Mais qu'est-ce qui se passe?, s'interroge Caroline, légèrement inquiète. Mag n'est pas là et personne ne nous attends à la sortie de l'école! Papa a pourtant bien dit qu'il y aurait toujours quelqu'un pour nous prendre... Surtout depuis qu'il nous a recommandé la plus grande prudence dans les endroits publics!
16h20. Elle est la seule a être encore devant l'école...
Tant pis pour Mag! J'ai été plusieurs fois voir si je la trouvais dans l'école: Elle n'y est pas!
Moi, je rentre à la maison! Peut-être a-t'elle été malade et quelqu'un l'y a reconduit...
Oui! C'est certainement cela, se dit-elle, pour se rassurer, tout en marchant d'un bon pas. Maman est venue la chercher et doit rester avec elle! Pauvre Mag! J'espère qu'elle n'est pas trop malade...
Mais quand, après quarante minutes de marche, elle ouvre enfin la porte d'entrée de la maison -Encore heureux que j'emporte toujours une clé de la porte d'entrée, pense-t'elle- elle doit bien se rendre à l'évidence: celle-ci est vide!
Elle a beau faire toutes les pièces en appelant:
-Papa?, Maman? Mag? Vous êtes là?
Rien! Pas un bruit!
Mais où sont-ils passés?, se demande-t'elle, franchement inquiète, sitôt après que le coucou du salon eut sonné les dix-huit heures.
Seule dans cette grande maison, Caro angoisse de plus en plus.
Le moindre bruit, le moindre craquement, elle le ressent comme une menace...
A dix-huit heure trente, n'y tenant plus, elle enfile son manteau et se rend en face, chez Nicole et Nicolas.
C'est Armelle, une des jumelles, qui répond à son coup de sonnette:
-Caro? Qu'est-ce qui t'amènes? Entre!
A suivre

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