Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 75.

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Coraline & Pierre: La vengeance de de Jarvaux d'Arbois. Episode 75.

Message  loudé Mallorca le Jeu 24 Avr - 20:07

Episode 75

Le coeur de Marcel bondit dans sa poitrine.
-Pierre Delcampe?
-Tout-à-fait, Monsieur. Vous êtes un proche?, s'enquiert poliment la réceptionniste.
-Euh... Oui! Yves Delcampe, son frère!, ment Marcel, avec aplomb. Il... Il va bien?
-Il n'y a aucun commentaire à ce sujet sur sa fiche d'admission, Monsieur. Il a été pris en charge par le Docteur Dawir... Vous voulez lui parler?
-Oui... Si cela ne dérange pas son service, bien sûr!
-Je vous passe son bureau, Monsieur. Si il est là, il vous répondra! Bonne journée, Monsieur.
Un déclic, suivi de plusieurs sonneries d'attente puis soudain:
-Docteur Dawir! J'écoute!
-Son frère?, fait le toubib. Ecoutez, ne me faites pas perdre mon temps, voulez-vous? Je connais bien Monsieur Delcampe et je sais qu'il est fils unique. Au revoir, Monsieur!
-Non! Non! Ne raccrochez pas!, hurle Marcel. Je vais tout vous expliquer!
-Vous avez trois secondes pour me convaincre..., lui rétorque Dawir.
Et Marcel, en parlant à peine moins vite que le TGV Bruxelles-Paris en vitesse de croisière, se lance...
-C'est bon! Je vous crois!, entend-il, à la fin de son récit.
-Alors..., reprend le médecin. Votre ami a subi un choc violent à la tête mais j'ai pu m'en occuper à temps: l'hématome est presque totalement résorbé ce matin; il ne devrait pas en garder de séquelles...
Il va avoir quelques solides « bleus », à droite et à gauche, et quelques contusions, bien sûr. Mais rien de bien grave... Il sera bientôt comme avant l'accident.
-Accident?, fait Marcel. Il vous a dit ce qui lui est arrivé?
-Il ne s'en souvenait pas, hier soir... Mais ce matin, la police de Boisfort est venue pour l'auditionner. Ils sont toujours là, d'ailleurs: Pierre dort encore... Avec le sédatif que je lui ai administré...
-Merci Docteur, fait Marcel. J'arrive immédiatement!

****

J'ai une impression étrange... Je me sens flotter... Je n'ai pas froid, pas chaud non plus... Je suis bien: Juste bien!
J'ouvre les yeux... et suis immédiatement parfaitement éveillé: A ma droite, assis sur deux chaises, se tiennent deux policiers en uniforme!
-Ah! Enfin, vous vous décidez!, fait l'un des deux, à peine plus aimable qu'un contrôleur de la TVA en exercice.
-Vous vous souvenez de ce qui s'est passé, hier soir?, me lance le second, sèchement.
Il n'a pas terminé sa phrase que, oui: Tout me revient!
-Et comment!, répond-je, étonné moi-même par la fermeté de ma voix.
-Vous avez des nouvelles de ma femme?, continue-je.
Ils me regardent avec commisération.
Je peux presque lire dans leurs yeux qu'ils me croient « sérieusement atteint »...
-Ma femme!, leur redis-je. Coraline Dejare! Elle a dû être conduite ici... Quel jour sommes-nous?, demande-je, avec inquiétude.
-Mardi!, me dit l'un des deux inspecteurs, presque gentiment, cette fois.
-Elle a dû arrivé ici hier matin, après un accident de la route, pourtant!, insiste-je, inquiet.
Une infirmière venue vérifier le goutte-à-goutte toujours fiché dans ma main, en entendant ma question, me demande si je veux qu'elle aille vérifier, aux admissions.
Elle est de retour moins de cinq minutes plus tard...
-Aucune Coraline Dejare n'a été admise!, m'assure-t'elle.
L'un des policiers se lève et s'approche de moi:
-Que c'est-il passé exactement hier, Monsieur Delcampe?
Et je leur explique...
Le coup de téléphone m'informant de l'accident de Cora, le pick-up Dodge Ram bleu, avec son pare-buffles...
Ils prennent des notes, impassibles.
-Bleu? Tu en es certain, Pierre? Bleu?, me fait soudain la voix familière de
Marcel qui, debout dans l'encadrement de la porte de ma chambre d'hôpital, me fixe intensément.
-Marcel! Que fais-tu ici?
-Je t'expliquerai, me répond-il. Tu es bien certain que c'était un pick-up bleu?
-Absolument!
-Je les tiens!, jubile Marcel.
-De quoi parles-tu?
-Je te fais un petit topo vite fait: Cora n'a jamais eu d'accident! C'était une ruse pour t'obliger à quitter ton bureau et te neutraliser... Plus que probablement définitivement, d'ailleurs!
-Me neutraliser? Pourquoi faire?
-Il semble que le gars qui t'en veut tellement soit passer à la vitesse supérieure... Cora a été enlevée!
-Enlevée?, fais-je en me levant d'un bond, toutes douleurs envolées.
Un bref instant, la tête me tourne...
Mais ma rage est telle que les murs se stabilisent presque immédiatement autour de moi: « On » a osé touché à ma Cora!
Cela, cela va faire mal!
-Et aussi Magali!, termine Marcel. Ne reste que Caroline et, si c'est ce que je crois... Elle est en danger aussi!
-Tu sais quelque chose à ce sujet?, lui crie-je presque, sous le regard ébahi des deux policiers.
-Oui! Tout se met en place, maintenant!
-Alors, on y va! Allez! Vite!, fais-je, en arrachant le baxter de ma main, d'un geste sec.
-Mais, mais, mais... bêlent les deux policiers. Où... Où allez-vous, comme cela?
Je ne prends même pas la peine de leur répondre: Caroline est en danger!
Mes amours ont été enlevées...
Il n'est plus l'heure des bavardages mondains!
Nous traversons les couloirs en courant, Marcel et moi.
-Raconte!, dis-je, tout en continuant ma course.
-Dans... Dans la... Dans la voiture, répond-il, en soufflant comme un soufflet de vieille forge.
Au regard épouvanté que me lance les gens dans le hall d'entrée de l'hôpital, je me rappelle que je ne suis vêtu en tout et pour tout que de la fameuse chemise « de travail » dont on affuble les patients durant leurs examens médicaux: J'ai le cul à l'air! ...
Ce dont je me soucie comme d'une guigne!
-Les clés de ta caisse, Marcel!, dis-je, en ralentissant un peu ma course pour lui permettre de se porter à ma hauteur.
Les clés à la main, je déboule sur le parking. La Mercedes est là, à dix mètres.
Actionner l'ouverture des portes, me mettre au volant, démarrer et exécuter une parfaite marche arrière jusqu'à un Marcel à bout de souffle: environ quinze secondes et demi! Qui dit mieux?
Il grimpe au vol.
Avant même qu'il n'ait bouclé sa ceinture, je suis déjà sur la grand route, en direction de Waterloo: 'Faut que je trouve des vêtements!
Sur le chemin, Marcel me raconte les grandes lignes...
Sa rencontre fortuite avec Hubert et les frères Durion, des petits malfrats qui tiennent une casse automobile à Grand-Sart... Le pick-up bleu...
-Et si, comme je le crois, c'est de Jarvaux qui est derrière tout cela, poursuit-il, il a dû se rendre compte qu'il ne tient pas encore ta fille...

A suivre

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